La relation entre un militant et son parti politique ressemble à bien des égards à un mariage monogamique. Un tel engagement ne peut perdurer que s’il repose sur des piliers solides : l’amour de l’idéal partagé, le respect mutuel, la confiance, la sécurité dans l’expression des convictions et l’épanouissement de chacun dans l’action commune.
Lorsque ces éléments viennent à manquer, la rupture devient non seulement compréhensible, mais aussi légitime.
Dans un mariage, nul ne saurait être contraint de rester par fidélité au passé ou par peur du qu’en-dira-t-on. Il en va de même en politique. L’adhésion à une formation ne peut être fondée sur l’habitude, l’obligation ou la crainte. Elle doit être portée par une dynamique vivante et sincère.
Les événements récents survenus dans le Woleu-Ntem, avec la démission collective de plusieurs hauts cadres et figures emblématiques du Parti Démocratique Gabonais (PDG), s’inscrivent dans cette logique de rupture assumée. Ce n’est ni une trahison ni un caprice. C’est le fruit d’un désenchantement profond, d’un constat d’essoufflement, et d’une volonté claire de reprendre en main le sens de l’engagement politique.
Refuser de reconnaître cette dynamique, vouloir la réduire à un simple problème de procédure ou chercher à l’étouffer, c’est nier la liberté de conscience des militants. C’est aussi méconnaître l’exigence de renouvellement qui traverse aujourd’hui la société gabonaise.
En politique comme dans la vie, on ne reste pas là où l’on ne se reconnaît plus.
Rester, c’est parfois se renier. Partir, c’est souvent se retrouver.
Par Eugène-Boris Elibiyo, Planificateur des systèmes éducatifs, Acteur engagé de la vie publique.

