Libres propos : L’art du compromis ou le courage de tourner la page

On peut avoir rêvé d’un grand procès. D’un tribunal populaire ou d’une commission vérité qui aurait exposé tous les abus, révélé tous les comptes, mis chaque acteur face à ses responsabilités. Mais parfois, la vérité politique impose *une voie plus silencieuse, plus stratégique, mais non moins efficace.*

Ce que les réseaux sociaux nous rapportent ces derniers jours – à propos des biens de la famille Bongo, des comptes bancaires, des parts dans BGFI, et même des hôtels emblématiques – semble indiquer *qu’un accord a bel et bien eu lieu* entre l’ancien pouvoir et le président élu Brice Clotaire Oligui Nguema. Un accord certes discret, mais qui pourrait s’avérer *profondément salutaire.*

Car si l’on sort de l’émotion pour entrer dans la lucidité, il faut bien reconnaître que *le Gabon a besoin d’avancer.* Avancer vite, avec des ressources récupérées, des symboles du passé réaffectés, des avoirs désormais au service du développement national.

Que certains biens soient cédés à de nouveaux opérateurs comme EBOMAF, que des concessions soient renégociées, que des comptes bancaires soient restitués à l’État… *cela n’a rien d’un blanchiment d’image. C’est une reprise de contrôle.*

Le président Oligui Nguema, en homme d’État désormais pleinement élu par les Gabonais, a pris une décision difficile, certes impopulaire pour certains, mais peut-être *la seule qui permette une sortie de crise sans chaos.* Gouverner, c’est choisir. Et parfois *choisir la stabilité plutôt que la vengeance, la construction plutôt que l’affrontement sans fin.*

Le cas d’Henri-Claude Oyima, par exemple, illustre cette volonté de transfuser l’exigence du secteur privé dans une administration souvent léthargique. Là aussi, il y aura des grincements de dents, des résistances. Mais c’est le prix d’un Gabon nouveau, plus rigoureux, plus efficace.

Il ne faut pas être naïf : l’ancien système n’est pas mort, il est encore là, tapi dans l’ombre, dans les réseaux intérieurs et extérieurs. Ali Bongo n’a pas dit son dernier mot. Il peut activer des leviers diplomatiques, médiatiques ou juridiques. Mais en anticipant tout cela par un compromis bien ficelé, *le président Oligui Nguema démontre une maîtrise politique rare.* Il a désamorcé la bombe, sans grand fracas.

Ceux qui attendaient une rupture spectaculaire devront comprendre que *la vraie rupture est dans le rétablissement de l’autorité de l’État* , dans la réaffectation des ressources nationales au bénéfice du peuple, dans la mise en place d’une nouvelle gouvernance.

Alors oui, ce « deal » dérange, interroge, secoue nos convictions. Mais *il témoigne d’un sens élevé de l’État.* L’Histoire jugera. Mais pour l’heure, *le pays respire, l’espoir revient, l’économie frémit.* Et ça, aucun procès, aussi médiatique soit-il, n’aurait pu l’offrir dans l’immédiat.

Rester vigilant, mais avancer. Exiger la transparence, mais soutenir l’effort de redressement. Tel est notre devoir désormais.

Eugène-Boris Elibiyo,Planificateur des systèmes éducatifs, Représentant pour le Gabon de l’ONG International Francophonie sans frontières (FSF), Citoyen engagé.

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