« L’île Mbanié : La sagesse africaine d’Omar Bongo Ondimba et Macias Nguema ou la suprématie du droit international » Mr Yann

Le 19 mai 2025, la Cour internationale de justice (CIJ) a tranché en faveur de la Guinée équatoriale dans le différend territorial l’opposant au Gabon concernant les îles de Mbanié, Cocotiers et Conga, situées dans le golfe de Guinée.

Cette décision, fondée sur la convention franco-espagnole de 1900, reconnaît la souveraineté équato-guinéenne sur ces territoires, au détriment des revendications gabonaises basées sur la Convention de Bata de 1974.

Pourtant, cette affaire dépasse le cadre juridique international. Elle met en lumière la tension entre les mécanismes de résolution des conflits hérités de la colonisation et les approches africaines traditionnelles fondées sur le dialogue et le consensus.

La sagesse africaine : un modèle de résolution des conflits

Dans les années 1970, les présidents Omar Bongo Ondimba du Gabon et Francisco Macías Nguema de la Guinée équatoriale ont cherché à résoudre pacifiquement leurs différends frontaliers. En 1974, ils ont signé la Convention de Bata, un accord bilatéral visant à délimiter les frontières terrestres et maritimes entre les deux pays. Cet accord prévoyait notamment que l’île de Mbanié reviendrait au Gabon, tandis que certaines zones frontalières seraient attribuées à la Guinée équatoriale.

Cette démarche incarnait la sagesse africaine, où les dirigeants privilégient le dialogue direct pour résoudre les différends, en dehors des cadres juridiques imposés par les anciennes puissances coloniales.

La suprématie du droit international : une remise en question des accords africains

Malgré l’existence de la Convention de Bata, la CIJ a estimé que cet accord ne constituait pas un traité ayant force de loi, en raison de l’absence d’original signé et de son enregistrement tardif aux Nations unies. La Cour a donc fondé sa décision sur la convention de 1900, conclue entre la France et l’Espagne, qui attribuait les îles contestées à l’Espagne, et par succession, à la Guinée équatoriale après son indépendance en 1968.

Cette décision soulève des interrogations sur la reconnaissance des accords africains dans le système juridique international. Elle met en évidence la difficulté pour les États africains de faire valoir des accords bilatéraux non formalisés selon les standards occidentaux, même lorsqu’ils résultent d’une volonté politique commune de résoudre les conflits de manière pacifique.

Autodétermination et souveraineté : vers une revalorisation des mécanismes africains

L’affaire de l’île Mbanié interpelle sur la capacité des États africains à défendre leur souveraineté et à promouvoir des mécanismes de résolution des conflits adaptés à leurs réalités. Elle invite à une réflexion sur la place des accords africains dans le droit international et sur la nécessité de renforcer les institutions régionales capables de reconnaître et de faire respecter ces accords.

Dans un contexte où les enjeux économiques, notamment liés aux ressources pétrolières, exacerbent les tensions frontalières, il est crucial pour les pays africains de développer des cadres juridiques et diplomatiques propres, qui valorisent la sagesse africaine et assurent une gestion pacifique et équitable des différends.

En somme, l’affaire de l’île Mbanié illustre la nécessité pour l’Afrique de concilier les principes du droit international avec ses propres traditions de résolution des conflits, afin de préserver sa souveraineté et de promouvoir une paix durable sur le continent.

Mr Yann… Poète-Philosophe-Activiste…

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