Le peuple gabonais, jadis dévalorisé, avili et ridiculisé au-delà de ses frontières sous le règne d’Ali BONGO, a prouvé aux yeux du monde, qu’il n’était pas ce peuple que l’on pouvait continuer à faire passer pour celui qu’il n’est pas : *le 12 avril 2025* , il a gratifié les disciples de la démocratie d’une élection présidentielle unique et inédite en Afrique, saluée par les grands de ce monde, en commençant par les Présidents français et américain, Emmanuel Macron et Donald Trump : non seulement cette élection était d’une transparence et d’une crédibilité incontestables avec un taux de participation record, mais ses résultats ont été proclamés le dimanche 13 avril 2025, c’est-à-dire, un jour après le scrutin.
Fort d’une telle prouesse démocratique, qui illustre le rejet par lui (le peuple gabonais) d’un régime cinquantenaire exécré, la logique aurait été que nos mentalités s’adaptent à la nouvelle donne politique post-Transition incarnée par la Cinquième République. Un peu comme lorsque le serpent change de peau. Que nenni ! A en juger par les réactions de nombreux compatriotes qui ont cahoté les réseaux sociaux après l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui, pourtant, n’a fait que déterminer lequel des titres juridiques fondaient les droits du Gabon et de la Guinée Equatoriale, au sujet de Mbanié. Un véritable tsunami qui n’a pas épargné les plus hautes institutions accusées à tort d’avoir vendu le Gabon.
Constat : pour une affaire où la sagesse, la prudence et la retenue auraient prévalu, c’est plutôt l’émotion qui a été au contrôle des jugements de certains compatriotes, parmi lesquels, ceux-là qui brûlent de régler des comptes à leurs tombeurs du 30 août 2023.
Tout compte fait, dans cette affaire Mbanié, si péril il y en a, ce n’est point dans la demeure Gabon, mais dans la demeure Guinée Equatoriale. Et pour cause :
1. VENONS D’ABORD A L’AFFAIRE FAMILLE BONGO
Quand mes frères, sœurs et moi étions enfants, nous avions peur des fantômes. La nuit, on ne fermait pas l’œil. Alors notre Grand-mère s’était fondue d’une stratégie pour régler le problème : chaque soir, avant de nous envoyer au lit, elle versait de l’eau dans un récipient, y plongeait un charbon de bois et plaçait le récipient derrière la porte, en nous disant : « voilà, les fantômes ne vont pas mettre les pieds ici cette nuit ». Et nous, nous étions tous comptant parce qu’on se sentait en sécurité.
Ali, Sylvia et Nourredin BONGO sont comme ces fantômes, que nous avons réussi à mettre hors d’état de continuer à nuire. Nous avons récupéré notre pays. Et c’est le plus important. Maintenant, bâtissons-le !
Quant à la justice, si ces personnes ne représentent plus un danger pour notre pays, si elles ont restitué à l’Etat gabonais tout ce qu’elles lui ont pris indélicatement, et si les actes qu’elles ont commis à la tête de notre pays nous ont fait du mal, la justice de Dieu fera son travail. Et ce n’est pas Ali BONGO qui me démentirait. Autrement dit, ne nous salissons pas les mains, et ne leur faisons pas cet honneur d’en faire des martyrs. Car, continuer à garder dans nos esprits l’image de ces personnes bourrées de malchance et d’animosité, c’est attirer la malédiction dans notre maison Gabon.
2. AFFAIRE MBANIÉ
« *Si nous ne sommes pas tenus de nous aimer, nous avons le devoir d’aimer le Gabon* ». Ces termes ne sont pas de moi, mais de *Guy Rossatanga Rignault* , prononcés dans la foulée de la remise au Chef de l’Etat, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, de son rapport sur l’Arrêt de la CIJ concernant Mbanié. Non sans lui expliquer dans les détails la trame de ce dossier.
Rappelons que Guy Rossatanga Rignault est l’Avocat du Gabon près la Cour Internationale de Justice (CIJ). Dans cet exercice de compte rendu au Chef de l’Etat, il était appuyé par Marie Madeleine MBORANTSOUO, qui, elle aussi, maitrise ce dossier.
Ce qu’il convient de retenir sur Mbanié est qu’en portant cette affaire devant la Justice internationale, la Guinée Equatoriale n’en a pas évalué préalablement les conséquences pour elle-même. Du coup, la joie de nos frères et sœurs guinéens, qui a éclaté après l’annonce de cette pseudo-victoire, a cédé la place à de l’amertume. Parce qu’on a très tôt compris que si nous appliquons la Convention franco-espagnole du 27 juin 1900, c’est la République sœur de Guinée Equatoriale qui aura beaucoup à perdre, pas le Gabon. D’où l’urgence de concertations entre les deux pays.
Maintenant que nous savons tout sur Mbanié (voir l’Union numéro 14837 du vendredi 30 mai 2025), ma question est : « que faisons-nous pour réparer le tort que nous avons infligé à nos plus hautes autorités par nos supputations, accusations et autres dérapages verbaux ? ».
Norbert EPANDJA, le Patriote

