« Réaction et analyse de la situation, suite aux déguerpissements des populations dans le Grand Libreville » par Wilfried Landry Mbou Mali

Avant toute chose, il convient de présenter le contexte, de rappeler les contraintes, les exigences, le cadre légal, les objectifs… Mais aussi et surtout témoigner sa compassion et son emphatie aux populations touchées par ces opérations de déguerpissement.

Le Contexte:

Celui-ci est à la fois social, politique, économique, stratégique, structurel, culturel, environnemental et spirituel…

Les tords et les responsabilités sont nécessairement partagés, entre un État qui durant des décennies n’a existé que de Nom;

Et des populations trop longtemps habituées à la passivité, au laxisme… De certaines de nos autorités.

L’Etat n’a pas toujours nécessairement fait ce qu’il fallait pour installer de façon pensée et réfléchie les populations venues de l’arrière pays (exode rural) à la recherche d’un mieux être et d’un mieux vivre.

De ce constat sont malheureusement nées des situations de fait!

Les autochtones se sont installés là où ils le pouvaient… A ces autochtones se sont greffés les expatriés venus chercher la prospérité en terre gabonaise, surtout après le sommet de l’O.U.A dans les années 1976…

Cette situation, doublée à la découverte et l’exploitation pétrolière (contexte de prospérité), ont entrainé une explosion démographique ; mais surtout anarchique!

L’Etat ayant l’obligation de prendre soin de sa population, a fini par développer une mansuétude qui à force, a donné le sentiment de laxisme.

Il faut dire que vous ne pouvez pas éduquer vos enfants, en même temps que ceux du voisin… Par conséquent, vous devez prendre des dispositions afin que lorsque vous définissez le cadre et les règles de vie sous votre toit, que les enfants du voisin ne contribuent pas à rompre le lien de respect qui doit demeurer entre vous et vos enfants!

Pour revenir aux DEGUERPISSEMENTS effectués en ce moment dans le Grand Libreville….

Il convient de préciser qu’il existe une différence fondamentale, de traitement et de droits entre un exproprié et un déguerpi!

L’EXPROPRIATION est l’opération qui consiste pour l’État, de prendre ou de reprendre une propriété (terre ou terrain) qu’il avait autrefois donné à un tiers.

Exproprier vient de latin qui veut dire ancien propriétaire. Donc vous avez d’abord été propriétaire, et maintenant l’État souhaite (dans des conditions fixées par la loi, reprendre ce bien; cette propriété); mais là encore, le procédé, la manière et le but de cette reprise par l’État, sont strictement encadrés.

Le DEGUERPISSEMENT.

Celui-ci implique le fait pour l’État, les autorités compétentes, les pouvoirs publics… De faire partir d’un espace, d’un lieu; d’une de ses propriétés… Quelqu’un ou quelque chose qui occupe sans sa permission et autorisation; ledit lieu!

Si dans le cadre de l’expropriation il est prévu plus de droits et même l’obligation pour l’Etat et l’ex propriétaire de trouver un accord; au besoin que le juge se prononce pour déterminer le juste prix de cession ou de reprise du bien à l’ancien propriétaire…

Dans le cadre du déguerpissement, les conditions et les droits ne sont pas les mêmes.

Maintenant, sur un plan purement de la gestion de l’urgence, des impératifs de développement, et de la nécessité de prendre en charge les populations impactées par les DEGUERPISSEMENTS actuels…

Il faut dire que si l’État a très souvent fait dans le social, c’est parce que notre État s’est toujours voulu Responsable !

En effet, les populations qui crient aujourd’hui ne pas avoir été informées de la date et des conditions de leur départ de ces espaces…

Il est important que ces populations comprennent que si l’État avait saisi les tribunaux pour exiger leur départ dans seulement dix jours… Elles (ces populations) seraient dans l’incapacité de réclamer quoi que ce soit comme mesures d’accompagnement.

De plus, elles ne bénéficieraient d’aucune indemnisation!

Il est important de rappeler ici que le déguerpissement n’est pas nécessairement accompagné d’indemnisation ou de conditions de relogement!

Ce qui dans notre pays a souvent ouvert la voie à l’indemnisation des populations est le caractère responsable de notre État, de nos dirigeants…. Sinon dans le cadre de déguerpissement, si vous êtes prévenus à l’avance, l’État n’a aucune obligation de vous indemniser; étant donné que il ne vous a jamais donné mandat ou droit de vous installer à cet endroit.

Vu que vous vous êtes installés sur les terres de l’État sans sa permission ni autorisation; parfois même dans des zones classées; ce dernier n’a aucune obligation vis à vis de vous!

Mais comme notre État est responsable, et comme nos dirigeants connaissent les textes et le contexte; ils se permettent de procéder à la destruction de nos biens immeubles et parfois meubles, sans prendre la voie judiciaire (passer par les tribunaux); sachant parfaitement que nous allons réagir, créer des collectifs pour nous défendre. Collectifs qui n’auront de force que en mettant l’accent sur le caractère cavaleresque de l’opération, et non sur un quelconque droit de propriété ou d’occupation.

Ce qui mettra l’État dos au mur, et l’emmènera à nous reverser quelques indemnités en compensation du préjudice subi, et parfois même l’Etat se permet de nous trouver des sites de relogement ( Section YU1 à Akanda, et même la section YU8) en sont des exemples!…

Mais en aucun cas l’État ne va évaluer nos biens pour nous reverser l’équivalent de nos investissements en monnaie sonnante et trébuchante ! Ce privilège est réservé aux seuls expropriés !

Maintenant sur un plan purement culturel, environnemental et social, il nous faut comprendre que nous ne devons pas être les premiers à monter au créneau lorsque nous sommes victimes d’une situation dans laquelle nous sommes confondus avec des étrangers !

Avez-vous remarqué que bon nombre d’étrangers ne font pas le bruit dans cette affaire !!??…. Seuls les gabonais se lèvent et dénoncent ce qu’entreprennent les autorités de notre pays!?

Que ce soit du côté de Bas de gué-gué, de Pleine Orety, ou même de Derrière l’Ambassade de Chine et de Russie … Combien d’étrangers avez-vous vu protester!?

Ce sont les gabonais que l’ont voit se plaindre sur les réseaux sociaux.

Sont-ils les seuls à avoir été démolis !!?? Où sont passés tous les étrangers qui commerçaient derrière Gabon Télévision !!?

Autre question: avez-vous remarqué que dans ces démolitions il manquait bizarrement les fausses sceptiques!?…

Combien de fausses sceptiques avez vous remarqué dans les destructions!!??

Question: Toutes ces habitations, ces bars, ces maquis… N’avaient ils pas de toilettes!!? Où se déversaient alors les matières fécales !? Dans le cours d’eau voisin!?….. Autant de questions qui montrent à suffisance que il était temps de reprendre la main sur ces zones. Et d’ailleurs ce ne sont pas les seules dans ce cas! Le Ministère de l’environnement et même celui de la mer, ont du pain sur la planche.

Pour revenir au social; les gabonais dans cette affaire, doivent se réunir, aller individuellement ou collectivement auprès de leurs autorités, qui sauront quoi faire et surtout comment procéder pour les aider et accompagner dans cette opération et surtout urgence du moment. Mais en aucun cas, ils (ces populations gabonaises) ne doivent s’attendre au même traitement qu’un exproprié !

De même, il ne sera donné un terrain ni pris en compte les étrangers dans cette affaire. Car contrairement à ce qui peut être dit ou pensé ça et là, il faut rappeler que lorsque vous êtes étrangers dans un pays, vous avez plus intérêt à respecter les lois et autres règles du pays qui vous accueille, plus que les autochtones de ce pays.

Si les Gabonais ont construit sans autorisation, c’est parce que leur État était en difficulté à un moment donné. Raison pour laquelle, ce dernier reconnaît ses manquements et se charge aujourd’hui de trouver une solution pour ses populations. Mais l’étranger qui arrive au Gabon et se permet d’aller construire sans autorisation dans une réserve foncière de l’État, ou qui va occuper une zone classée, ou nonedificandie… Quel obligation l’État Gabonais a vis à vis de lui!?

Qui plus est, si cet étranger est entré au Gabon sans autorisation (clandestinement)!?

En somme, il faut rappeler que les nouvelles autorités du Gabon ont été placées là par le peuple gabonais, pour redresser le pays, aider au changement de paradigmes, de mentalités ; pour mettre sur les rails le Gabon de demain, raison pour laquelle, elles doivent aller vite et bien.

Les projets pour lesquels les autorités de ce pays procèdent au DEGUERPISSEMENT des populations, ont intérêt à porter leurs fruits avant 2030; au risque de se voir sanctionner dans les urnes par ces mêmes populations qu’elles ont traumatisé.

Les moyens financiers, les impératifs de développement, les contraintes climatiques (seulement 4 mois de saison sèche dans le pays; ce qui ne permet pas de faire de gros travaux au delà de septembre), sont autant de choses qui ont nécessité la destruction des habitats anarchiques dès le premier jour ouvrable du mois de juin 2025.

Puisse DIEU nous venir en aide pour que nous reprenions en main notre destin!

Pour conclure :

Le Délégué Spécial de la ville de Libreville, les délégués des autres villes du pays, doivent profiter de cet élan pour mettre de l’ordre dans leurs circonscriptions respectives, et surtout faire libérer le domaine public, communal, municipal…. De toutes ces occupations illégales et anarchiques.

Laissez passer une telle opportunité, serait vraiment déplorable pour le pays et ses populations!

Pour conclure, je citerai un passage d’un Livre que j’affectionne, et qui dit, je cite:

« Voici, j’envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin, et pour te faire arriver au lieu que j’ai préparé….

Tu ne te prosterneras point devant leurs dieux, et tu ne les serviras point; tu n’imiteras point ces peuples dans leur conduite, mais tu les détruiras, et tu briseras leurs statues….

Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta face, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs ne se multiplient contre toi.

Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu’à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses prendre possession du pays.

Tu ne feras point d’alliance avec eux, ni avec leurs dieux.

Ils n’habiteront point dans ton pays, de peur qu’ils ne te fassent pécher contre moi; car tu servirais leurs dieux, et ce serait un piège pour toi! »

Sur le plan spirituel…. Savons-nous seulement le nombre d’autels étrangers bâtis dans ces quartiers par les étrangers qui y vivent et prospèrent pendant que les gabonais ne voient que du feu!?….

Merci de comprendre que nous sommes aussi et avant tout en guerre, et cette guerre est spirituelle. Elle vise pour le peuple gabonais, à s’affranchir du joug de ces entités étrangères qui nous combattent.

Et voir les autorités de notre pays procéder à de telles opérations, n’est pas que un acte de salubrité public; mais c’est aussi et avant tout un acte de purification, de salubrité spirituelle.

Merci de comprendre et de mettre à profit.

Très respectueusement ; le Secrétaire Général du Collectif des Déguerpis de Mveng-Ayong et Marseille dans le Nord de Libreville, plus précisément du côté de Akanda; déguerpis en 2011 par ce même État.

Passionné du Foncier; Inspecteur Central des Impôts;

Diplômé de l’Ecole Nationale des Régies Financières (E.NA.RE.F) de Ouagadougou au Burkina Faso, promotion 2009; ayant rédigé un mémoire de fin de formation (Troisième cycle en Fiscalité) sur le thème : La Gestion du Foncier, une condition indispensable au développement.

Mr Wilfried Landry MBOU MALI.

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