Depuis quelques semaines, Libreville est le théâtre d’une vaste campagne de déguerpissement, amorcée par les autorités gabonaises dans le cadre du plan de réorganisation urbaine. Après les interventions menées à Plaine-Orety et autour de l’Assemblée nationale, c’est désormais la Mairie centrale de Libreville, en collaboration avec les mairies d’arrondissement, qui prend le relais en ciblant garages anarchiques et occupations illégales du domaine public.
Le Délégué spécial en charge de la gestion de la commune, Adrien Nguema Mba, a annoncé le lancement de cette opération dès le 19 juin 2025. Elle concerne notamment les commerces installés aux abords des voies, les épaves de véhicules et les constructions irrégulières. Une mise en demeure de 15 jours a été adressée aux occupants concernés, les enjoignant à libérer les lieux sous peine d’intervention forcée.
Le jeudi 26 juin 2025, l’opération s’est poursuivie dans les quartiers STFO et Vallée Sainte-Marie. « Beaucoup pensent que nous n’irons pas jusqu’au bout, comme d’habitude », a déploré le Délégué spécial. Pourtant, l’opération se décline en deux phases : d’abord le retrait des épaves et encombrants, puis la démolition des constructions empiétant sur le domaine communal.
« Force reste à la Loi. Nous allons passer à la phase répressive, y compris à la perquisition des véhicules », a affirmé Jocelyne Bakita, Délégué spécial du 3e arrondissement, soulignant la volonté municipale de restaurer l’ordre urbain et de lutter contre l’insalubrité.
Cette action marque un tournant dans la gouvernance locale. Elle devra concilier impératifs d’aménagement et respect de la dignité des populations. « Ce qu’on fait, c’est d’abord pour les populations, pas pour l’Hôtel de Ville », a insisté Adrien Nguema Mba. La réussite de cette opération dépendra de l’équilibre entre fermeté, dialogue et accompagnement social.

