I. LA MANGROVE : REMPART NATUREL ET SANCTUAIRE DE VIE
Écosystème fragile et vital, la mangrove n’est pas un simple décor côtier. Elle est le berceau de la vie marine, le filtre naturel des eaux usées, la digue contre les inondations et un puits de carbone indispensable à la lutte contre le changement climatique. Scientifiquement, les mangroves capturent jusqu’à quatre fois plus de CO₂ que les forêts tropicales. Elles servent d’abris, de nurseries et de lieux de reproduction pour des milliers d’espèces : poissons, mollusques, crustacés, oiseaux migrateurs et amphibiens. Pour les populations humaines, elles offrent nourriture, bois de chauffage, plantes médicinales et protection contre l’érosion du littoral.
À Libreville, Port-Gentil et Mayumba, la mangrove représentait un écosystème vivant, respirant, nourricier. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un souvenir.
II. 2009-2023 : L’ÈRE DU MASSACRE ÉCOLOGIQUE
Il y avait certes des abus sous Omar Bongo Ondimba. L’occupation anarchique des zones protégées, la pêche illégale, les coupes de bois sauvages existaient. Mais jamais au grand jamais on n’avait assisté à un génocide environnemental aussi systémique que sous le règne d’Ali Bongo Ondimba (2009–2023).
Durant ces 14 années d’aveuglement et de silence complice, la mangrove a été détruite méthodiquement par des sujets étrangers – béninois, nigérians, ghanéens – majoritairement pêcheurs reconvertis en spéculateurs. À coups de remblais lourds, intensifs, de Glyphosate, Imazamox / Imazapyr et de sulfate de cuivre, ils ont asséché les marécages, arraché les palétuviers centenaires pour en faire des terrains à bâtir. Ensuite, ils ont revendu ces terres aux ignobles gabonais eux-mêmes, dans une ironie tragique.
Tout cela sous le regard indifférent de ceux qui devaient protéger notre patrimoine. Où étaient les ministères de la pêche et de l’environnement ? Où était le fameux Lee White, ministre des Eaux, Forêts, de la Mer et de l’Environnement chargé du Plan Climat et du Plan d’Affectation des Terres (2019–2023), présenté comme un éminent écologiste, adoubé par les milieux internationaux, prix Nobel de l’immobilisme vert et sujet de sa Majesté le Roi Charles III ?
Les mangroves de La Lowe, Malibé, Mindoubé, Oloumi, Alinakiri, Barracuda, du Carrefour SNI jusqu’à Barracuda sans oublier celles de Port-Gentil et Mayumba ont été massacrées avec la bénédiction tacite des autorités. Et aucun plan de préservation sérieux n’a été initié, peut-être jamais conçu. Pire encore : les délinquants environnementaux ont été encouragés par des compatriotes avides, revendeurs de terres illégalement gagnées sur la nature.
III. TROP TARD : UN HÉRITAGE DE RUINES POUR LE GÉNÉRAL-PRÉSIDENT
Le Général-président hérite aujourd’hui d’un désastre écologique majeur. Et comme toujours, c’est au successeur de payer les pots cassés au nom de la continuité de l’État. Face à l’urgence et à la menace du déséquilibre écologique, une seule solution s’impose : tout casser. Sans état d’âme.
Les bâtisses construites uniquement sur les anciennes mangroves doivent tomber. Pas par vengeance, mais par nécessité. Car oui, scientifiquement, la mangrove peut repousser. Des études menées par le Centre de Recherche sur les Écosystèmes Côtiers Tropicaux (CERECOT) montrent que, dans des conditions favorables (zones dégagées, restauration hydrologique, replantation de palétuviers), la mangrove peut renaître entre 5 et 10 ans. Il faut : • Détruire les remblais, • Réhabiliter les flux d’eau salée, • Replanter des propagules (jeunes pousses de palétuviers), • Protéger ces zones de toute activité humaine pendant leur régénération.
La nature peut pardonner, mais elle n’oublie pas. Et cette fois, elle demandera des comptes.
IV. PARDON POUR LES SQUATTEURS, JUSTICE POUR LES COUPABLES
Soyons clairs. L’État doit faire preuve d’empathie, de pédagogie et d’humanité dans les cas d’occupation involontaire de terrains domaniaux (cas de Plaine Orety, Haut et Bas de Gué-Gué et toutes les autres zones qui subiront sous peu les enfers de la *‘’5e République des Destructions »*) Oui, il faut informer, recenser, reloger, indemniser dans la dignité. Mais ceux qui ont volontairement détruit la mangrove, au mépris des lois, des générations futures, de la vie elle-même, doivent être traités autrement.
Ils savaient. Ils ont vu. Ils ont détruit. Ils ont vendu. Ils ont construit.
Et maintenant ? On négocie ? On pleurniche ? Non. Cassez !

