Transformation du Manganèse au Gabon : Opportunités et Défis

Dans le cadre de la reconfiguration structurelle de son économie, le Gabon a engagé, sous l’impulsion du Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUÉMA, et sous la tutelle du Ministère des Mines et des Ressources géologiques, une ambitieuse politique de transformation locale des minerais. Objectif : maximiser les retombées du secteur extractif sur le tissu économique national.

Une des premières étapes de cette stratégie est la transformation in situ du manganèse. Prévue pour un démarrage opérationnel en janvier 2029, cette réorientation devrait permettre au Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse avec plus de 4,8 millions de tonnes extraites en 2023, de capter davantage de valeur ajoutée localement et de mieux positionner ses exportations.

Pour ce faire, le Ministère des Mines a réuni récemment l’ensemble des acteurs du manganèse opérant sur le territoire national autour d’un objectif clair : transformer localement 100 % du manganèse extrait d’ici 2029, conformément à la vision présidentielle.

Cette rencontre stratégique a souligné la nécessité d’une concertation renforcée entre les entreprises du secteur pour mutualiser les efforts et accélérer les investissements. Les sociétés COMILOG, NGM, CICMHZ et AMD ont répondu présentes. L’opérateur NGM a déjà confirmé l’installation d’une unité de transformation de 70 000 tonnes d’alliages de manganèse. Par ailleurs, dans le cadre de ses échanges avec les opérateurs, le ministre Gilles NEMBE a multiplié les interactions avec Paulo CASTELLARI, nouveau directeur général du groupe ERAMET. Ces discussions ont abouti à la création d’un groupe de travail conjoint État gabonais–Eramet, chargé de piloter la transformation locale de l’ensemble du manganèse produit.

Une extension progressive vers d’autres minerais

Cette dynamique ne se limite pas au manganèse. Elle s’étendra à d’autres minerais stratégiques, notamment le fer, avec la mise en exploitation prochaine des gisements de Belinga et de Baniaka. À terme, la transformation locale des minerais pourrait hisser la contribution du secteur minier à près de 35 % du PIB, contre environ 12 % actuellement.

Des emplois et des retombées sociales tangibles

En plus de renforcer la souveraineté économique du pays, cette stratégie constitue un levier majeur de création d’emplois. Plusieurs milliers de postes — directs et indirects — devraient voir le jour au cours des prochaines années, dans un contexte où le secteur extractif représente déjà plus de 6 % de l’emploi formel.

Les retombées sociales seront également significatives. La construction du tronc ferroviaire Belinga–Mayumba, couplée à l’édification d’une centrale électrique à Booué, devrait favoriser l’émergence d’infrastructures secondaires le long du corridor ferroviaire  : routes, écoles, centres de santé, accès élargi à l’eau potable et à l’électricité dans les zones traversées.

Enfin, l’ouverture programmée de nouvelles carrières de sable, gravier et latérite contribuera à réguler les prix des matériaux de construction. Un levier essentiel dans la lutte contre la vie chère, qui stimulera le secteur du bâtiment tout en consolidant la compétitivité des programmes publics de logement.

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