Déclaration citoyenne sur la légalité du processus électoral en cours

Le 7 juillet 2025, un décret a fixé la date du début du dépôt des candidatures pour les élections législatives et locales. Ce décret, pris par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, a également été signé, fait inédit et troublant, en sa qualité de Président du tout nouveau parti politique Union des Bâtisseurs du Gabon (UDB), créé la veille.

Si cet acte soulève déjà des questions d’éthique et de neutralité attendues d’un Chef d’État dans un processus électoral, il interpelle surtout sur le non-respect manifeste du cadre légal fixé par le Code électoral gabonais.

En effet, selon les articles 13, 14 et 15 du Code électoral, l’organisation des élections repose sur trois entités :

1. Le Ministère de l’Intérieur, chargé de la gestion du fichier électoral, de la mobilisation logistique, matérielle et financière.

2. La Commission Nationale de l’Organisation et de la Coordination des Élections et du Référendum (CNOCER), seule compétente pour élaborer et publier le calendrier électoral, organiser le dépôt des candidatures.

3. L’Autorité de Régulation de la Communication Électorale (ACER).

Aujourd’hui, force est de constater qu’aucune opération d’enrôlement n’a été organisée, en dépit de l’obligation légale d’un enrôlement avant chaque élection, comme cela avait été fait lors des présidentielles.

Que la CNOCER n’est pas encore mise en place, ce qui rend juridiquement impossible la fixation d’une quelconque date relative aux dépôts de candidatures.

Que le calendrier électoral n’a pas été publié, et aucune communication officielle du Ministère de l’Intérieur ne vient éclairer le public sur les différentes étapes du processus.

Dans ces conditions, la publication de ce décret présidentiel n’est pas seulement juridiquement infondée, elle pourrait être perçue comme une tentative de confiscation du processus démocratique, au mépris des règles que notre V ème République s’est données.

Nous appelons donc respectueusement le Gouvernement à rétablir d’urgence l’ordre légal et institutionnel dans le cadre du processus électoral.

Le peuple gabonais à demeurer vigilant et exigeant, car toute démocratie véritable repose sur la transparence, l’équité et la légitimité du processus électoral.

Les institutions compétentes à veiller scrupuleusement à l’application des articles 13, 14 et 15 du Code électoral, pour préserver la paix sociale et l’intégrité de nos institutions.

Que cette interpellation, fondée sur le droit et la raison, contribue à renforcer notre démocratie en construction, et non à l’affaiblir.

Fait à Port-Gentil, le 9 juillet 2025

J.V.N.M Citoyen Libre et engagé.

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