« La lutte contre la corruption et l’instauration de la bonne gouvernance, face au nouveau régime : menace, risque ou opportunité ? » Par Jovanny Moubagna

L’absence ou la réduction du contrôle citoyen dans ce nouveau régime de la 5ème République, installe-t-elle une relation de dichotomie entre ces derniers et la lutte contre la corruption et l’instauration de la bonne gouvernance ?

Si part le passé, on peut citer quelques exceptions (comme le régime de Kountché, Sankara, Rawlings), il est assez aisé de montrer beaucoup d’autres exemples qui sont aux antipodes de la bonne gouvernance, et qui ne font que déplacer l’épicentre de la corruption, sans la combattre réellement.

La lutte contre la corruption et l’instauration de la bonne gouvernance ne sont ni un luxe pour un pays comme le Gabon, ni un rêve inaccessible porté par quelques individus. Elle doit être l’effort de chaque instant, porté par chaque citoyen.

Alors, son message ne doit ni être dénaturé, ni bafoué, ni étouffé.

C’est ainsi qu’auparavant, les Gabonais étaient capables d’identifier les cas de corruption et de nommer les responsables.

Cependant, avec l’avènement de ce nouveau régime issu d’une transition militaire, les auteurs de corruption sont désormais traités dans l’ombre et la discrétion. Non seulement ils paient le prix de leurs forfaitures, mais, ils réintègrent la société comme si de rien n’était. Ni vus, ni connus. Ce qui enlève toute possibilité d’éducation citoyenne à travers une telle démarche, qui risque de ne pas être efficace. Les mêmes personnes pourraient continuer à faire ce qu’ils savent faire de mieux : se servir (encore et encore) dans les caisses de l’Etat, dès qu’ils en auront l’occasion. Et ils le feront….

Il est important de noter que la transparence et la responsabilité qui caractérisent toute gouvernance responsable sont essentielles pour maintenir un environnement sain et éthique au sein de la société.

Alors la question qu’on peut se poser est la suivante : Que peut faire (ou va faire) le nouveau régime (de manière plus concrète et efficace) sur ce chemin de la lutte contre la corruption et l’instauration de la bonne gouvernance ?

D’ailleurs, la lutte contre la corruption, le népotisme, le favoritisme et l’impunité sont parmi les principales raisons de l’avènement du 30 août 2023.

Pourtant, deux ans plus tard, nous constatons :

La disparition de la cour des comptes dans le contrôle des finances publiques ;

La méconnaissance notoire des procédures de passation des marchés public un recul grave en matière de bonne gouvernance dans le secteur de la sécurité et ne donne pas de garantie quant au respect d’une gestion saine des finances publiques.

L’orsque le traitement d’un dossier fait apparaître des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale, peut encore continuer à gérer un dossier jusqu’à conclure une transaction laquelle éteint l’action publique. Mieux, le résultat est le même lorsque la transaction intervient alors qu’une information judiciaire est ouverte.

Les inspections d’État inexistantes, avec quelques annonces d’audit sans effets tels que les audits du secteur pétrolier, financier,  etc….

Et bien d’autres actions dont nous laissons chacun faire son bilan sur la question.

Il revient aux nouvelles autorités de démontrer au peuple gabonais que la lutte contre la corruption et l’instauration de la bonne gouvernance sont vraiment une préoccupation majeure et concrète de ce gouvernement. C’est ce qui va souffler sur les braises de l’espoir de 2,5 millions de personnes.

Jovanny Moubagna, Juriste Publiciste chercheur à l’université Omar Bongo, SGA du Cred et Leader d’opinion.« `

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