Le débat de Missélé eba’a : Attention au vent de la résistance.

Pour l’intérêt supérieur de leurs intérêts personnels, ils sont prêts à faire des alliances de tout genre. Comprendra qui pourra et c’est dit.

Dans un passé encore incandescent, c’est à dire moins de deux ans, c’est bien devant nos yeux qu’Ali Akbar Onanga a failli être jeté à la prison centrale de Libreville. Le motif ou les chefs d’accusation portés contre sa personne étaient aussi flous que les postures politiques qu’il prend aujourd’hui en revendiquant le leadership d’un parti qui aurait été dissout s’il avait été à la place de Brice Clotaire Oligui Nguema.

C’est devant une population apeurée, des leaders politiques médusés et corrompus, une classe dirigeante désormais aplatie que les collégiens du bord de mer soutenus par celle qui avait proclamé à Ryad « qu’elle encule la République » voulaient en découdre avec ce chantre de l’hégémonie Téké au Gabon.

Isolé et marginalisé, il s’était mû dans un silence qui faisait de lui « l’unique moine d’Akieni« .

De cet état de fait, le bâton de pèlerin qu’il s’est accaparé en menant la fronde contre le pouvoir en place nous invite à nous demander, quel serait le chapitre qu’on aurait raté dans cette histoire au point où il serait devenu le premier résistant officiel et déterminé ? Autrement dit, à quel moment la réconciliation avec ses bourreaux se serait faite ? Il est clair que, lorsqu’en politique on assiste à ce type d’alliance d’un caractère plus qu’étrange, le principe qui voudrait que tous les coups en politique soient permis n’est pas à sous estimer. Une résistance de cette nature vise toujours à en découdre avec ceux qu’on considère comme imposteurs et adversaires voire ennemis.

Mais au-delà de cette lecture, il faut bien se demander où trouve-t-il autant de force pour qu’avec véhémence et parfois même arrogance, il défie ses anciens camarades du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et les nouveaux dirigeants du pays ?

Pour les analyses de la vie politique et sociale de notre pays, la réponse se trouve dans l’incapacité des nouveaux dirigeants à faire émerger une nouvelle classe politique et à promouvoir de nouveaux mécanismes de gouvernance ou de gestion du pays.

Ali Akbar Onanga qui est en réalité le bras armé de la stratégie d’Ali Bongo Ondimba connaît tout aussi bien que ce dernier les principaux chantres du nouveau pouvoir. Comme il est dit « les animaux à écailles savent où se mordre« . Par conséquent, il estime que ceux qui aujourd’hui sont aux commandes ne sont pas qualifiés.

Beaucoup sont tout aussi responsables que le fils d’Omar Bongo Ondimba, déchu du pouvoir, du grand retard observé dans le pays. Il ne suffit pas de faire de l’anti Bongo primaire pour faire peau neuve.

Pour preuve, les récentes vidéos de Noureddine Bongo Valentin qui font le buzz sur les réseaux présentent un échantillon de la légèreté de certains acteurs publics de notre pays. A cela, il faut ajouter le concentré de corrompus qui infeste et pullule la haute administration de notre pays. C’est dire la résistance en gestation ne peut qu’avoir de beaux jours puisque le mode opératoire dans la gouvernance de certains dirigeants du nouveau pouvoir n’a pas changé. Ce qui naturellement donne de la force à ceux qui ont été chassés du pouvoir. Ces derniers ne comprenant pas leur nouvelle situation si c’est pour reproduire les mêmes tares de gestion.

Étant encore au niveau des fouilles, il est important que le nouveau pouvoir se débarrasse le plus vite possible de ces cellules cancérigènes avant qu’elle ne se métastasent. C’est la seule manière sage et efficace de tuer dans l’œuf la résistance en gestation. La collection d’opportunistes qui s’agite ne suis pas la branche sur laquelle est posée le miel. Si Oligui Nguema se trouve en difficulté comme l’a été Ali Bongo Ondimba en août 2023, c’est sans état d’âme et toute honte bue que ces charognards identités et sans principe iront chanter les louanges du nouveau maître des lieux.

Jean de Lafontaine a été clair « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». C’est tout le sens des poèmes et récitations qu’on enseigne lors de notre séjour à l’école primaire.

Par Télesphore Obame Ngomo

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