Après un déferlement de révélations qui a eu le mérite de présenter le caractère poreux du système en place et la fébrilité de ses acteurs au regard des acteurs au regard des actes immédiats qui s’en sont suivis, arrestations des proches de Sylvia Bongo, convocation de son avocate et marche populiste inopportune, Ali Bongo et les tiens ont appuyé sur la touche pause, le temps d’apprêter la prochaine série de boules puantes. Sinon, qu’est-ce qui peut bien justifier ce silence subit, lourd et pesant ?
Face à certaines situations, on peut rapidement trouver des explications dans les phénomènes de la nature. En effet, l’évolution de la science nous enseigne comment reconnaître la manifestation d’un tsunami. D’abord, on a la présence de quelques vagues agitées. Ce qui jusque-là, pour le commun des mortels ou la plupart des baigneurs, semble une réalité banale. Puis survint, de manière progressive, le recul étrange des eaux sur plusieurs mètres voire kilomètres. Les plus curieux profitent d’apprécier la multitude et la variété des coquillages et autres espaces impressionnants souvent couverts par les eaux. Mais après tout ce spectacle, arrive enfin cette vague géante qui emporte tout sur son passage et détruit tout sur son passage sur des centaines de kilomètres.
Telle semble être la stratégie arrêtée par l’ancien chef d’État et les siens.
A ce niveau de la réflexion, Ali Bongo a voulu présenter au monde entier mais surtout à la justice française où sa famille est allée porter plainte, le côté violent du nouveau pouvoir qu’il a décrit lors de sa déposition. Comme des brutes sans manière, pieds joints nous sommes tombés dans son piège. Pire encore, les individus interpellés ne sont pas des Gabonais mais des citoyens français. Ce qui implique l’intervention certaine des autorités françaises dans l’affaire. C’est dire qu’elle prendra une autre tournure au grand bénéfice de ceux qui donnent des coups depuis Londres.
Il n’y avait par meilleure manière d’introduire une puissance étrangère dans cette spirale qui s’annonce infernale. L’inexpérience accouplée au manque de sagesse semble avoir nourrie leur stratégie.
Prendre le pouvoir, c’est une chose. Gérer le pouvoir, c’est autre chose. Conserver le pouvoir dans la sérénité c’est encore tout autre chose. Mais au regard de la balance déséquilibree en termes d’actions posées à ce niveau du combat, il y a la nécessité de rechercher dans le pays les maîtres en matière de gestion et de conservation du pouvoir car, la vague qui arrive peut être fatale.
Ali Bongo qu’on connaît ne peut pas avoir donné autant de coups en une semaine pour brusquement s’arrêter en si bon chemin surtout quand on voit bien qu’il est dans la vengeance et le pourrissement total mais avec la finesse de quelqu’un qui connaît le pouvoir et ses codes. Il laisse l’adversaire se tuer par ses propres erreurs. Ce qui lui éviterait un procès à la CPI. C’est dit.
Toutefois, ce silence subit après le vacarme fait peur.
Par Télesphore Obame Ngomo

