« De la nécessaire cohérence du pouvoir«
« Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu et la Parole était Dieu… » nous rappelle les Saintes Écritures dans le livre de Jean. C’est dire que tout ce que nous annonçons ou nous promettons au peuple, nous engage directement. C’est ce qui constituera l’élément fondamental sur lequel le peuple s’appuiera pour nous juger. Ainsi, nul ne se sentira trompé ou trahi.
A cet effet, un Homme est dit fou ou rangé dans la catégorie des malades mentaux lorsqu’on constate de manière évidente ou scientifique qu’il n’y a plus de cohérence dans ce qu’il dit ou dans ce qu’il fait. C’est pourquoi en politique, où les chantiers sont nombreux et variés, les acteurs ont l’obligation d’élaborer un projet de société, déclinaison de leur ambition, pour dire aux populations ce qu’ils sont capables de réaliser pour un avenir meilleur.
Toutefois, il se peut que des contingences de divers ordres puissent modifier ce qui avait été annoncé ou promis. Et là encore, la parole qu’on nomme communication prend le relais pour draper d’un manteau agréable à regarder la situation nouvelle qui pourrait causer de vrais dégâts si rien n’est dit
Pour ce qui est du nouveau pouvoir en construction, il est essentiel de toujours regarder dans le rétroviseur pour ne pas entrer en incohérence entre ce qui avait été dit ou promis durant la période de Transition, confirmé dans le projet de société et vulgarisé au moment de la campagne, électorale et ce qui se fera désormais pour rechercher un bilan potable et vendable lors des prochaines échéances électorales.
Quand on se rend compte que dans 4 ans, cela fera 20 ans qu’Omar Bongo Ondimba nous a quitté, on devrait prendre conscience que 7 ans ou 14 ans passent aussi vite qu’un plongeon dans la Lekabi. D’où la nécessité de ne pas aller trop vite et dans tous les sens mais de toujours s’en tenir au chronogramme rédigé lors des préparatifs de la campagne électorale.
Cette démarche a l’avantage de ne prendre personne en traître mais surtout de toujours garder allumé ce fameux fil rouge dont parlait si bien François Mitterrand lorsqu’il fallait guider et maîtriser la gestion de l’action publique et politique.
Qui mieux que les vrais amis du roi, ayant librement fait le choix de se détacher de la condition de collaborateur, peuvent relever ou révéler dans la forme la plus glaciale toutes les incohérences qu’entretiennent ou que peinent à voir ceux qui ont désormais la tête dans le guidon ? Ce d’autant plus qu’à la Cour, cet univers particulier et égoïste, où les courtisans accourent, très peu ont souvent le courage de dire à sa Majesté, même sous les formes les plus chatiées, le danger que représente le visage hideux qu’est désormais son pouvoir.
Hier, ils chantaient les louanges d’Ali Bongo Ondimba, au PDG ou ailleurs, au rythme des salamalecs et des allégeances les plus plus indigestes à Sylvia et à Noureddine.
Aujourd’hui, dans les mêmes postures, parfois les mêmes habits, ils le font toute honte bue avec Oligui Nguema. Le tribunal de l’histoire étant sévère, avec cette population encore immature pour certaines questions, il n’est pas bon d’être associé aux prostitués de la République qui n’ont plus aucune dignité.
L’autre aurait dit « écrivez ça. Oui, écrivez ça ».
Il est dit « On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres, autrement les outres se rompent. Le vin se répand et les outres sont perdues« .
La période de Transition s’accommodait bien de cette obligation d’inclure tous les fils et filles du Gabon à sa « reconstruction ». Il est évident au regard des enjeux que ce même état d’esprit n’était pas nécessaire pour la mise en œuvre de cette gouvernance nouvelle tant vantée. On voit bien qu’à l’épreuve des faits les mauvaises habitudes ont la dent dure. Par conséquent, quelle est la légitimité ou la crédibilité du procès qui est fait à ceux ont géré le Gabon ces 20 dernières années ?
En quoi, brandir l’étiquette d’un anti Bongo Ondimba primaire serait source de virginité ou de compétences ? Ce sont toutes ces incohérences qui décrédibilisent le nouveau pouvoir et donnent de la force à la résistance en gestation. Nul doute qu’à ce rythme, sous peu, les populations en viennent à regretter Ali Bongo Ondimba, à revendiquer le retour d’Alain Claude Billie By Nze aux affaires et à exiger des excuses publiques à Mborantsuo Marie Madeleine pour les torts causés. Qui vivra verra.
N’est-ce pas des Gabonais qui ont bel et bien voté AMO en 2009, lui qui était l’acteur politique le plus détesté sous Omar Bongo Ondimba ? accepté Jean François Ndongou en 2023, lui qui était le ministre de l’Intérieur qui a proclamé Ali Bongo vainqueur de l’élection présidentielle d’août 2009 ? N’est-ce pas des Gabonais qui ont acclamé Séraphin Moudounga en 2025 comme vice-président de la République, lui qui a géré le ministère de l’éducation nationale sous Ali Bongo Ondimba avec la plus grande des brutalités ? De quoi parlons nous dans ce pays ?
Où est la cohérence dans ce qui est fait et que certains confrères se refusent de dire ? Être juste suppose que tous les citoyens soient traités à la même enseigne au risque de générer des frustrations, la mère de toutes les conspirations.
Voici des débats de fond à décortiquer chers confrères de la Cigale désabusée qui pense qu’en publiant des saletés bon à jeter sur Télesphore Obame Ngomo, ça peut donner plus de lisibilité. Et dire qu’il est de notoriété publique que « La bave du crapaud n’atteindra jamais la blanche Colombe ».
Par Télesphore Obame Ngomo

