Le débat de Missélé eba’a : La marche sans pas.

Après avoir posé l’acte mystico-politique, à Barcelone, dans la chambre d’hôpital où Omar Bongo Ondimba avait rendu l’âme, André MBA Obame déclarait « aucun acte en politique n’est anodin. Il répond toujours à une question ou à une préoccupation« .

De ce pas, l’opinion publique démoutonnisé, parce que ayant foi en l’acte initiatique du coup, dit de Libération, se demande à quelle question ou préoccupation a répondu la marche sans pas du 11 juillet 2025. Surtout que, seule Libreville a tenu à rendre hommage à la casquette rouge insultante de Donald Trump quand on sait le symbole de ce qui y est écrit et quand la Transition Gabonaise nous a vendu cette recherche de la souveraineté du Gabon à tout va.

Entendre les discoureurs de la Seine et les contemplateurs de Mavouroulou vanter les bienfaits ou la nécessité d’une telle action politique nous amène à nous demander : cette marche nous a fait gagner combien de pas politiques ? Autrement dit, c’est quoi le bénéfice politique généré ?

Est-ce parce que le Gabon a été invité aux États-Unis ? Certainement pas, ce n’est pas une nouveauté. Est-ce parce que le Gabon a été représenté devant Donald Trump ? Un Président de la République fût-il Président d’un petit pays sous les tropiques reste un Président de la République. Est-ce parce que le Président américain nous aurait offert en souvenir une casquette rouge aux symboles insultants pour tout immigré ? Osons espérer que non. Le ridicule aurait atteint son paroxysme.

La question est posée. Il faut des réponses urgentes.

On se souvient par contre qu’il y a moins de 10 ans, à chaque fois que le pouvoir en place se sentait bousculer par des attaques diverses et variées, il répondait par une marche, symbole suprême d’une légitimité tirée par les poils du mollet. L’homme du quartier aurait dit « les choses d’avant qu’on ne voulait voir ». Ce sont toujours les mêmes, avec les mêmes sourires, les mêmes slogans. Les racoleurs et les marmailleurs ont de beaux jours devant eux.

Et dire que les responsables de l’Union des têtes Bokassés semblaient vouloir du neuf quand ils étaient dans l’opposition radicale il y a moins de deux ans. C’est pourquoi, on est en droit de dire que tous ces hommes et femmes n’ont pas compris la notion de changement dont rêvait et parlait le peuple gabonais. Ceux qui se sont opposés à Ali Bongo doivent bien comprendre qu’au-delà de la personne d’Ali Bongo Ondimba qui a été rejetée, il y avait surtout les modes et méthodes du passé qu’il utilisait pour s’accrocher au pouvoir. Venir présenter ça au Président de la République est juste du sabotage. On a désormais la preuve qu’au lieu du changement véritable, c’est l’heure du grand remplacement qui était recherchée par ces flatteurs sans dignité.

En d’autres mots, « ôtes toi de là que je m’y mette ». Nul doute qu’avec ce concentré d’opportunistes en liberté et en activité, Oligui Nguema n’atteindra pas la félicité tant psalmodiée durant la Transition. Des marches sans pas, c’est pour arriver où ?

Par Télesphore Obame Ngomo

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