La rédaction de GABON INFOS LIVE vous livre la déclaration de Persis Lionel Essono sur sa démission du parti politique Réappropriation du Gabon, de son indépendance, pour sa Reconstruction (REAGIR), pourtant nommé vice-président au dernier Congrès :
« Mes chers Compatriotes, Chèrs amis,
C’est avec un sens aigu des responsabilités que je vous informe par la présente, de ma décision irrévocable de démissionner du Parti pslitique RÉAGIR.
Cette décision intervient à l’issue du deuxième congrès ordinaire qui aurait dû être une occasion de consolidation démocratique et de renforcement institutionnel pour notre formation politique. Or, force est de constater que les principes fondamentaux de transparence, d’inclusivité et de respect des règles démocratiques n’ont pas été garantis dans la gouvernance générale de ce Congrès.
Les multiples irrégularités constatées dans l’organisation et la conduite des travaux, les restrictions arbitraires imposées à l’expression de certains cadres et militants, ainsi que l’absence manifeste d’un débat Iibre et contradictoire, sont autant d’éléments qui ont gravement compromis la crédibilité de cette instance suprême de décision.
ll s’agit notamment de :
COMPOSITION IRRÉGULIÈRE DU COLLÈGE ÉLECTORAL
En effet, aux termes des dispositions de l’article 27 des statuts, sont membres du Congrès avec voix délibérative : Les Mernbres du Bureau Exécutif, les Menbres du Conseil National, les délégués (provinciaux, départementaux communaux\ les Représentants extérieurs), les responsables des structures de msbilisation et de formation (Ligue des femmes, ligue des jeunes, lnstitut de formation et d’étude potitique) Or, le collège électoral composé et convoqué par le Bureau du Congrès n’était constitué que des délégués triés sur le volet et acquis à la cause du Président sortant.
Aussi, les membres du Bureau Exécutif, les responsables des structures de mobilisation ont été arbitrairement exclus du collège électoral du deuxième Congrès Ordlnaire de REAGIR. Dans ces conditlons, il est admis que le Congrès n’a pas pu valablement délibérer.
SUR LA RÉVISION DES STATUTS
Les dispositions pertinentes de l’article 28.2 des statuts prévoient que « La révision des statuts et du règlement intérieur est adoptée à la majorité des deux tiers (2/3) des membres du Congrès.
Aussi, l’article 16 des statuts ayant fait l’objet d’une modification pour permettre au président sortant en situation d’incompatibilité et de fait indisponible ternporairement de briguer un second mandat et donc de cumuler ses fonctions exécutives au sein du parti avec les fonctions de Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale de la transition.
Après un débat au sein de la commission de révision des textes, le rapporteur Maitre Raymond Placide NDONG MEYO a défendu les modifications face à des voix discordantes au sein de la plénière. Les congressistes ont demandé que ce point soit soumis au vote conformément à l’article 28.2 des Statuts.
Contrairement à la volonté des congressistes, le bureau du Congrès n’a pas soumis les modifications des statuts au vote. lls ont de ce fait et de façon délibérée violé les dispositions de l’article 28.2 susmentionné. Les Statuts n’ont pas été révisés. Ainsi tous les actes sont frappés de nulité, y compris le renouvellement du Bureau Exéeutif du parti.
SUR LE RENOUVELLEMENT DU BUREAU EXÉCUTIF
Aux termes des dispositisns de l’article 28-3 des statuts, Le Congrès procède à l’élection des membres du Bureau Exécutif de RÉAGIR à la majorité absolue ».
Contrairement à l’énoncé sans équivoque de l’article 28-3, à aucun moment les congressistes n’ont été sollicités pour l’élection du nouveau Bureau Exécutif de REAGIR. Le apporteur Général du Congrès a fait lecture d’une liste de noms composant le nouveau Bureau de REAGIR.
Le Bureau Exécutif qui a été rendu public par le rapporteur général n’a pas été soumis au vote des congressistes. En outre, selon l’article 24 alinéa 2, l’élection des membres du Bureau Exécutif est uninorninale.
En effet le mode de scrutin prévu par les statuts de RÉAGIR est le scrutin uninorninal, majoritaire à un tour. ll s’en suit que sans une décision expresse et prise à l’unanimité des congressistes, il ne saurait avoir d’électicn de liste encore moins un vote par acclamation.
En conséquence, le Bureau Exêcutif n’a pas étê renouvelé, et le Pésident sortant n’est pas Président du Parti RËAGIR.
Mieux, il a supprimé la limitation des mandats du Président comme ces dirigeants qui modifient Ia loi fondamentale de leur Pays pour conserver Ie pouvoir contre la volonté du peuple.
Chacun peut en tirer toutes les conséquences ! Pour ma part je ne peux absolument pas cautionner toutes ces irrégularités et continuer dans un parti politique dont les leaders violent sans vergogne la loi,
Ses irrégularités. ont été acceptées par la majorité silencieuse pour permettre à un homme de se maintenir à la tête du Parti alors même qu’en principe, personne n’y était manifestement opposé.
En ce qui me concerne ainsi qu’une majorité de militants engagés sur le terrain, nous avons tus nos divergences pour permettre au Parti de partir sereinement en campagne électorale afin de contribuer à l’élection de notre candidat Brice Clotaire Oligui Nguema.
REAGIR par mon initiative et avec le soutien du Bureau Exécutif est le seul parti politique à avoir parcouru I’intérieur du pays pour faire une précampagne en faveur de notre candidat. Le Parti politique étant le microcosme de la vie démocratique d’un pays, de tels agissements sont à l’antipode des valeurs garanties par la constitution de la V République qui vient d’être consacrée par l’élection de son Excellence le Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.
Mes chers amis,
J’ai tout donné; de mon temps, de mon énergie à REAGIR, pour le Gabon. J’ai toujours défendu nos valeurs et nos statuts, j’ai tout quitté pour venir prendre le présidence par intérim de notre famille politique sur invitation du président sortant. Ensemble, nous avons reconstruit le Parti, nous avons fait barrage à la candidature dissidente de Michel ONGGUDOU à la dernière élection présidentielle. nous avons gagné le procès devant le juge des référés, nous avons pris les coups pour protéger le parti et son président statutaire.
Aujourd’hui encore c’est moi qui suis cité en correctionnel près le tribunal de Libreville pour des faits de faux et usage de faux parce que le conseiller du Président a confectionné un cachet correspondant à mes titres et qualités. Un cachet estampillé « Président lntérimaire », une fonction que j’ai occupé pendant 5 mois après une dêcision du Président statutaire, décision qui du reste n’a jamais fait l’objet de contestation par les requérants.
Cette procédure illégale et abusive dont je suis victime a suffi à me convaincre que l’acharnement dont je fais l’objet sous le regard hagard de la hiérarchie du parti ne vient pas de loin.Toute action politique repose sur un contrat moral. Lorsque ce contrat est rompu par des pratiques qui trahissent les idéaux affichés, la responsabilité impose d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Aussi, pour ma famille, pour mes enfants, pour mon vieux père, pour les militants et pour tous les gabonais qui me suivent depuis des années, je refuse d’être le paillasson d’un groupuscule d’individus dont le seul but est d’utiliser REAGIR pour se hisser au sommet de l’Etat.
En conséquence, et par souci de cohérence avec mes convictions, e refuse de m’associer à une structure où la démocratie interne est dévoyée et où les aspirations légitimes des militants sont ignorées au profit d’agendas opaques et de logiques partisanes contraires à l’intérêt général.
Pour toutes ces raisons, je quitte RÉAGIR avec le sentiment d’avoir fait ma part. Je quitte malgré moi, car j’ai contribué à construire ce parti et j’ai incarné ses valeurs’ aux côtés des femmes et des hommes dignes, convaincus que l’on peut grandir dans Ia société et en politique sans écraser les autres, sans chercher à éteindre la lumière chez son frère.
Je remercie celles et ceux qui, au sein du parti ont porté avec loyauté et intégrité le combat pour un engagement politique fondé sur l’éthique et la transparence.
Mon engagement pour les valeurs démocratiques demeure intact, et je continuerai à œuvrer pour une alternative politique crédible et respectueuse des principes républicains aux côtés du Président de la République Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, à qui j’adresse mes vives et sincères félicitations pour sa brillante élection le 12 avril 2025
Que Dieu nous bénisse, Vive le Gabon pour que triomphe la République,
Je vous remercie ».

