Un proverbe gabonais nous conseille de ne jamais mettre en doute la parole d’une grenouille qui vient vous annoncer que _« les tubercules de manioc que vous avez trempées à la rivière sont déjà mous ! »_. Pourquoi ? Parce que la grenouille vit dans la rivière. Et, par conséquent, elle connaît tout ce qui s’y passe.
Ce vendredi 25 juillet 2025, *Brice Clotaire Oligui Nguema* a présidé la cérémonie de réception d’un nouvel avion « *Airbus A320* » exploité par la Compagnie aérienne Fly-Gabon.
L’évènement était d’une ampleur magistrale, pour tous ceux qui connaissent la fin tragique de l’ancienne Compagnie Air-Gabon.
En effet, après la mort graduelle de cette Compagnie, nous avons perdu le Boeing 747 et les Fokkers. Conséquence : le Gabon est devenu un squelette vivant en matière de transport aérien.
Air-Gabon et ces avions représentaient des symboles forts de la souveraineté gabonaise, et la fierté nationale. Malgré toutes les difficultés que cette compagnie traversait, elle fonctionnait quand même, tant bien que mal. Mais il a fallu qu’elle soit brisée comme un château de sable, au lieu qu’on la relève.
En 2009, on nous a promis une nouvelle compagnie aérienne, une promesse jamais tenue, à l’instar de celles des 5000 logements par an, du nouvel aéroport de Libreville et de la nouvelle prison d’Essassa. Que de milliers de milliards sombrés dans la construction et la destruction des infrastructures auxquelles on ajoute des stades de football dont certains sont inachevés et d’autres abandonnés à la nature.
Regarder un tel bilan d’une gouvernance ratée, ensuite, apprendre que les personnes qui étaient les responsables de cette gouvernance ont porté plainte contre les nouvelles autorités gabonaises, cela dépasse tout entendement humain.
Dans tous les cas, les gabonais ne pleureront pas devant l’auto-flagellation d’une famille mal conseillée et mal inspirée. Au contraire, d’autant que cette plainte va ouvrir la boîte de pandore, l’espoir, pour nous, de connaitre enfin la vérité sur ce que ces gens-là ont fait de l’argent et des richesses de notre pays est désormais autorisé.
Voilà pourquoi j’ai cité la grenouille. Pour dire que, personne au Gabon ne connaît ce qui se passait à la tête de notre pays, pendant l’AVC d’Ali Bongo Ondimba, mieux que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS).
Donc, quand ces compatriotes ne parlent pas, ce n’est pas parce qu’ils ne savent rien ou n’ont rien à dire. Mais c’est parce que le secret d’Etat est quelque chose avec laquelle on ne peut transiger.
En portant plainte contre les nouvelles autorités gabonaises, Ali Bongo, Sylvia et Nourredin ont oublié cette sagesse du Gabon : « la jalousie, la haine et la vengeance sont les plus grandes conseillères du monde, sauf qu’elles ne donnent jamais de bons conseils ».
Ayant préféré les conseils de la jalousie, de la haine et de la vengeanc à ceux de la sagesse et de l’humilité, ils assumeront ce choix, en répondant, eux aussi, des actes qu’ils ont commis à la tête de notre pays.
Souvenons-nous qu’au lendemain des violences post-électorales de 2016, la société civile avait initié une plainte à la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le régime d’Ali Bongo Ondimba. Mais cette plante fut étouffée par ses amis et ses soutien extérieurs, moyennant, sans doute, des milliards de francs CFA.
Je ne serais pas surpris que cette société civile relance sa plainte, Ali Bongo Ondimba n’étant plus au pouvoir. En tout cas, c’est le souhait de 95% des gabonais et des gabonaises.
Norbert EPANDJA, l’Observateur

