Peut-on comparer deux années de gouvernance du président Oligui Nguema aux quatorze années de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba ?
La question mérite d’être posée, mais exige une analyse nuancée, tant les contextes, les modes d’accession au pouvoir, et les dynamiques institutionnelles diffèrent.
Ali Bongo Ondimba a accédé au pouvoir en 2009, dans la continuité d’un système établi depuis plus de quatre décennies. Son exercice du pouvoir s’est inscrit dans un cadre institutionnel hérité de son père, avec une administration centralisée, souvent critiquée pour son opacité et sa gestion clientéliste.
À l’inverse, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema est arrivé à la tête de l’État à la faveur d’un coup de force militaire, justifié par une volonté de « rectification institutionnelle ». Il s’est présenté comme un homme de rupture, porteur d’un projet de refondation accompagné d’un bilan chiffré révélateur.
Selon plusieurs sources d’analyses, sur les 105 promesses électorales formulées par Ali Bongo entre 2016 et 2023, seules 13 ont été véritablement tenues, soit un taux de réalisation inférieur à 15 %. Cette faible performance, combinée à une dette publique grandissante et une pauvreté persistante, a fini par entraver la légitimité de son pouvoir.
Contrairement aux deux années du président Oligui Nguema qui a engagé des réformes structurelles – notamment en matière de moralisation des finances publiques, de relance économique et de transparence administrative , malgré que les attentes de la population sont trop élevées.
Plus loin une différence dans la perception populaire s’observe clairement.
Ali Bongo, au fil du temps, a perdu le soutien populaire initial, en raison d’un décalage entre le discours et l’action, et d’une gouvernance perçue comme verrouillée.
Oligui Nguema, quant à lui, bénéficie encore d’un capital de confiance, bien que les populations en veulent davantage les transformations, et le renouvellement de l’élite politique, et une présence militaire accrue dans les institutions.
En fin, Comparer les deux années de gouvernance de Brice Clotaire Oligui Nguema avec les quatorze années de présidence d’Ali Bongo Ondimba nécessite une analyse nuancée, intégrant des perspectives philosophiques, politique et économiques.
Ali Bongo Ondimba a succédé à son père, Omar Bongo, en 2009, perpétuant ainsi une dynastie politique de plus de cinq décennies. Cette continuité a été critiquée comme une forme de « république dynastique », où le pouvoir est transmis au sein d’une même famille, contredisant l’idéal républicain de la res publica, la chose publique, tel que défini par Cicéron. Ce système a été caractérisé par une concentration du pouvoir et des accusations de népotisme.
Quant à la profondeur de la transformation de l’économie gabonaise sous Ali Bongo est restée fortement dépendante du pétrole, représentant environ 46 % du budget de l’État et 81 % des exportations. Malgré le Plan Stratégique Gabon Émergent, la diversification économique est restée limitée. Le taux de chômage, notamment chez les jeunes, est resté élevé, et une partie significative de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Sous Brice Clotaire Oligui Nguema (depuis 2023)
Le président Oligui Nguema a exprimé la volonté de diversifier l’économie en développant des secteurs tels que l’agriculture, le tourisme et l’industrie minière. Des initiatives ont été lancées, comme la nationalisation de la société pétrolière Assala Energy, visant à renforcer la souveraineté économique du pays. Cependant, ces mesures ont également entraîné une augmentation de la dette publique, qui devrait dépasser 70 % du PIB en 2024, suscitant les interrogations de certains internautes qui pensent développer un pays sans dette.
A cela, la gouvernance d’Ali Bongo a été marquée par des critiques concernant la corruption, la centralisation du pouvoir et la répression des opposants. Les promesses de développement et de modernisation sont restées largement non réalisées.
In fine, la comparaison entre les deux dirigeants révèle des différences dans l’approche et les intentions, mais aussi des similitudes dans les défis rencontrés. Si Ali Bongo a perpétué une gouvernance dynastique avec une économie peu diversifiée, Brice Clotaire Oligui Nguema affiche une volonté de réforme et de diversification économique.
Cependant, la concrétisation et le succès de ces ambitions, dépendra de la capacité à instaurer une gouvernance efficace, transparente et orientée vers le développement durable.
bekamebalet@gmail.com. BEKA MEBALE Theyd-Eddy Nelson -philosophe
Réponse aux propos de Jean KEVIN NGADI, analyste politique engagé et observateur de la vie publique gabonaise.

