À toi,Kelly Ondo Obiang,
En ce 31 août, date que l’Histoire véritable devrait graver comme celle de la résistance patriotique, je prends ma plume pour rappeler au peuple gabonais et à toi-même que tu fus, le temps d’un acte audacieux, l’incarnation de ce que le Gabon attend encore : le courage de dire non à l’imposture et à la tyrannie.
Ton geste, en janvier 2019, face au régime Bongo, résonne encore comme l’un des plus grands élans de patriotisme que notre pays ait connus. Tu n’étais ni un opportuniste ni un calculateur, mais un soldat qui osa défier l’ordre établi pour libérer ses compatriotes d’un carcan hérité de la servitude. Dans une démocratie véritable, ton nom serait aujourd’hui gravé au Panthéon des héros.
Je veux que tu saches, Kelly, que l’Histoire universelle est riche de ces hommes qui, en temps d’oppression, se sont levés contre la tyrannie. Songe au maréchal Erwin Rommel, figure de la Seconde Guerre mondiale, contraint au suicide parce qu’il avait eu l’audace de conspirer contre Hitler. Rommel fut reconnu, après sa mort, comme un héros qui n’avait pas craint de mettre en jeu son honneur pour sauver son peuple du désastre.
De la même manière, ton nom ne peut être réduit à une parenthèse effacée. Car ce que tu as fait, Kelly, dépasse le cadre d’un simple coup d’État militaire : tu as rappelé à un peuple anesthésié que la liberté n’est jamais donnée, elle s’arrache.
Aujourd’hui, certains voudraient t’inviter à réintégrer les rangs de cette “affaire républicaine”, à te soumettre aux ordres du général-président Oligui Nguema, comme si ton destin devait se diluer dans l’ingratitude des mêmes institutions qui n’ont pas su reconnaître ton sacrifice. Ne les festin pas. Tu n’as nul besoin de leur bénédiction pour exister. Ton destin t’appartient et il est plus grand que le fauteuil des palais usurpés.
Sache-le : un peuple oublieux ne diminue en rien la grandeur de celui qui a donné de sa vie pour lui. Si les Gabonais ont choisi de célébrer le 30 août 2023, ce coup de palais qui n’a fait que repeindre l’imposture, au lieu de se souvenir du 31 août 2016 et de ses martyrs, ou de ton acte héroïque en 2019, c’est parce qu’ils ont troqué leur mémoire contre l’illusion d’une libération. Mais l’Histoire, elle, n’oublie jamais.
Kelly, tu n’as pas besoin d’ordres pour servir le Gabon. Tu n’as pas besoin d’un grade pour incarner la dignité. Tu n’as pas besoin de reconnaissance officielle pour rester, dans l’ombre ou dans la lumière, le symbole vivant de ce que pourrait être un Gabon libre.
Un jour viendra où tes compatriotes comprendront ce que tu as tenté, et ce jour-là, ils sauront que le véritable héros, c’est celui qui osa quand tous se taisaient.
Avec respect et fidélité à la vérité historique,
Un frère de combat et de plume, pour la mémoire et la dignité du Gabon.
PS:
CITATION :
« La lutte n’a pas d’horloge.
Le vrai lutteur n’est pas celui qui se distingue en nombre d’années, mais celui qui reste debout, même face à l’infini.
Les régimes passent, les postures se trahissent ; mais la constance, elle, survit à la mortet reçoit sa récompense dans la mémoire des hommes. »
Mr Yann… Poète-Philosophe-Activiste…

