« Ce qu’il faut savoir pour éviter de paraître ridicule comme candidat » par Hermann Ditsoga

La campagne électorale qui va s’ouvrir s’annonce très ouverte, par la qualité et la quantité d’acteurs appelés à briguer les suffrages des électeurs.

Pour ces élections jumelées, législatives et municipales, les éléments de langage devant être soigneusement choisis pour éviter de se mêler inutilement les pinceaux et entraîner les électeurs dans une confusion de genre.

Un candidat aux législatives présenté par un parti politique sérieux n’a pas de projet de société personnel. Il défend le projet de son parti, même si pour l’essentiel, le rôle du député est connu et bien encadré par la Loi fondamentale.

Pourquoi défendre un projet de société, alors qu’il ne s’agit d’une élection de député ?

C’est simplement parce que tout parti politique sérieux se fixe pour ambition de conquérir le pouvoir suprême pour gérer l’État seul ou en coalition.

On ne peut pas créer un parti politique juste pour accompagner les autres et s’orienter toujours vers la direction du vent telle une girouette.

Pour ce faire, un parti politique doit pouvoir se donner les moyens de conquête du pouvoir suprême qui passe par la conquête des collectivités locales et la conquête du parlement.

Pour se donner les chances de conquête il faudra être à l’écoute des populations, recenser leurs besoins, leurs frustrations, entre autres, et les traduire en projet de société.

Le projet de société n’est pas un chapelet de bonnes intentions encore moins la compilation des émotions. C’est une vision claire, bien séquencée dans le temps et chiffrée. Oui un projet de société doit être chiffré pour montrer le sérieux nécessaire et la crédibilité du parti.

C’est ce projet qui doit être vendu aux populations et aux potentiels électeurs afin d’emporter leur adhésion.

C’est une fois aux affaires que ce projet de société est traduit en programme d’actions gouvernementales.

Quant aux candidats aux élections locales, la question est différente.

Au niveau local, le projet qui est en fait un programme d’actions est la sommation de propositions aux problèmes spécifiques de la localité, ou du département.

C’est pourquoi le meilleur projet est celui qui cerne au mieux les problèmes de la circonscription électorale à conquérir. Donc il est spécifique pour chaque portion du territoire, mais il s’inscrit dans un projet de société bien calibré.

Ici on ne parle pas de projet de société même si la notion de société est très large. Il est alors plus aisé de parler de programme d’actions pour celui qui entend conquérir une collectivité locale.

Cela nécessite également un travail de terrain et un contact avec les populations qui sont censées être les premières bénéficiaires de l’action à venir.

Il est malvenu que les propositions d’actions pour une location soient formulées à partir d’une carte géographique ou les simples témoignages.

L’on ne peut pas prétendre diriger une collectivité locale dont vous ne disposez d’aucune donnée. C’est tout le danger du transport d’électeurs n’ayant aucun intérêt particulier avec la localité, mieux des prestataires politiques qui ignorent allègrement tout de la localité dont ils vont influencer les résultats.

Cela participe de la moralisation de la vie politique, c’est une œuvre de salubrité publique qu’il importe de bien mener pour espérer avoir des électeurs conscients des enjeux, des bons militants qui deviennent in fine des bons citoyens.

Hermann DITSOGA, ancien Chef de Cabinet du feu Président Pierre Mamboundou

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