Il est des gestes qui, au-delà des chiffres et des résultats électoraux, marquent l’histoire politique d’un pays. La déclaration de Yves Fernand Manfoumbi, dit *Mwane Dimbu* ou *Le Capitaine*, battu aux législatives du 27 septembre dernier par Mays Mouissi, s’inscrit dans cette veine. En reconnaissant sa défaite et en saluant le verdict des urnes sans chercher de prétexte ni jeter l’opprobre sur l’organisation du scrutin, ce haut responsable politique, Vice-Président du PDG, a donné une leçon d’élégance et de maturité démocratique.
« Les résultats officiels ne m’ont pas été favorables. Je prends acte de ce verdict, expression de la démocratie que nous devons tous respecter », a-t-il affirmé. Peu de mots, mais une portée immense. Là où tant d’acteurs préfèrent le déni, la contestation systématique ou la remise en cause des institutions, Yves Fernand Manfoumbi a choisi l’apaisement, le respect et la grandeur.
Ce geste a une valeur particulière dans un contexte où la démocratie gabonaise se cherche encore des repères solides, où la tentation de la suspicion et de la polémique accompagne souvent les résultats électoraux. En se pliant sereinement à la volonté exprimée par les électeurs, *Le Capitaine* rappelle que la vraie force d’un homme politique ne se mesure pas seulement à la victoire, mais aussi à la manière de faire face à la défaite.
Cette posture contribue à crédibiliser davantage le processus électoral en cours et à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Elle ouvre aussi la voie à une nouvelle culture politique : celle où la compétition ne signifie pas l’hostilité, et où la démocratie se vit autant dans la conquête que dans l’acceptation du choix du peuple.
En saluant le triomphe de son adversaire, Yves Fernand Manfoumbi salue d’abord la démocratie elle-même. Ce geste, que l’on peut qualifier de noble, doit être érigé en modèle pour tous ceux qui aspirent à servir la République.
Parce qu’au fond, l’élégance démocratique n’est pas seulement une affaire de style, mais une exigence de fond : celle qui donne du crédit à la parole politique et nourrit la confiance entre gouvernants et gouvernés.
PETIT-LAMBERT OVONO, évaluateur Certifié des Politiques Publiques

