« Lorsque la victoire devient un impératif, les fondements de la démocratie s’en trouvent menacés » par Hermann Ditsoga

L’issue d’un vote c’est un vainqueur et un vaincu et non les deux à la fois, c’est une vérité aussi vieille que le monde.

C’est la dure réalité à laquelle devrait s’attendre tout candidat à une élection, dans tout pays démocratique.

Faire de l’obtention de la victoire un impératif pour un candidat, est une obsession malsaine pour une démocratie en construction comme la nôtre.

Les derniers scrutins ont révélé une tendance dangereuse qui consiste à faire de la victoire un impératif constitutionnel, surtout pour les candidats estimant avoir l’œil du Chef de l’Exécutif qui considéraient la défaite comme une trahison de la confiance.

Pour y parvenir, chacun a usé des moyens conséquents pour satisfaire cette quête légitime au départ, mais qui devient nocive dès lors que le candidat en fait une obsession inextinguible.

C’est ce qui explique l’usage excessif des moyens illégaux et frauduleux pour satisfaire les intentions des candidats.

Tant que le citoyen, le candidat à une élection ne sera convaincu, même après une campagne rondement menée, que la victoire revêt un caractère aléatoire et donc considérée comme une option, nul ne sera prêt à accepter une défaite électorale, surtout au vu des moyens déployés.

A cette allure, la démocratie gabonaise aura toujours du plomb dans l’aile et reléguée au rang des démocraties improbables.

Hermann DITSOGA, observateur averti de la vie politique

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