« Élections Législatives et Locales 2025 : Quand il s’agit de défendre leurs intérêts personnels, certains sont prêts à mettre le feu au pays ! » Par Norbert Epandja

OUI, le scrutin du 27 septembre dernier a été marqué par des manquements dans certains Centres et Bureaux de vote. Même le ministère de l’Intérieur en charge de l’organisation des élections a reconnu ces manquements dès la proclamation des résultats provisoires dudit scrutin. Ce sont là, des choses qui arrivent dans toutes les démocraties du monde, même aux États-Unis. En revanche, ce qui me désappointe, c’est ce don qu’ont certains hommes politiques gabonais de l’auto-flagellation et de faire d’un ruisseau un océan, dans des problèmes dont les solutions sont parfois à portée de mains.

DU CONSTAT DES IRRÉGULARITÉS

Le Président de la République a souhaité des élections législatives et locales exemplaires. Le jour du vote, comme toute œuvre humaine n’est jamais parfaite, des irrégularités ont été constatées dans certains bureaux de vote. Toute chose qui a amené le Chef de l’État à convoquer le Ministre de l’Intérieur pour explication. Tout est clair jusqu’ici.

Mais, ce qui suscite ma présente sortie, c’est l’attitude de nos trois anciens premiers ministres (Raymond Ndong Sima, Julien Nkoghe Bekale et Alain Claude Bilie-By-Nze) qui, se servant des réseaux sociaux, ont laissé leurs émotions l’emporter sur leur devoir de réserve. Toute chose qui a suscité de vives critiques de la part de nombreux compatriotes qui ont imputé à nos trois anciens premiers ministres de faire dans l’activisme.

DU DEVOIR DE RÉSERVE

Le devoir de réserve est une obligation de retenue dans l’expression des opinions personnelles qui incombe aux agents publics, aux hommes d’État et aux leaders politiques, visant à éviter que leur comportement porte atteinte à l’intérêt du service, à la considération de l’administration et à la stabilité politique. Bien que non codifié par la loi, ce devoir jurisprudentiel varie selon la fonction, le rang hiérarchique, les circonstances et le mode d’expression. Il ne contredit pas la liberté d’expression, mais en limite la portée, car tout manquement peut entraîner des conséquences graves.

DE L’ACTIVISME DE NOS TROIS ANCIENS PREMIERS MINISTRES

Que le citoyen Lambda utilise les réseaux sociaux pour donner libre cours à ses émotions, cela peut se comprendre. Mais quand des anciens premiers ministres, tenus par le devoir de réserve, agissent comme des citoyens Lambda, il y a lieu de se demander si ces personnalités-là sont des hommes politiques qui méritent respect : « On est dans la continuité du système qu’on était supposé avoir écarté » ; « Retour à la case départ ! » ; « On est bien obligé de constater qu’on n’a pas changé de logiciel ; «On est dans la continuité du système qu’on était supposé avoir écarté pour le bien de tous. » ; « Chaotique, indigne d’un scrutin démocratique », etc.

Des propos que n’ont pas laissé passer leurs contempteurs qui ont traité les intéressés de « mauvais perdants » : « Ils demandent l’annulation du scrutin parce que leurs Partis politiques n’ont obtenu aucun élu » ; « Même si on reprend ces élections pour leur faire plaisir, le résultat sera toujours le même : l’échec » ; «Avec leurs Partis politiques tellement impopulaires, quels élus comptaient-ils avoir ? » ; «Aujourd’hui, vous pleurnichez sur le sort des institutions et le destin du pays, mais la vérité est simple : vous avez fui l’épreuve de vérité des urnes, contrairement à Alexandre Barro Chambrier et Paulette Missambo qui, eux, ont mouillé le maillot » ; etc.

Étant un fervent admirateur de l’ancien premier ministre, Raymond Ndong Sima, qui a conduit notre Transition avec un talent extraordinaire, je me permets de l’exhorter, non seulement à ne pas remettre en cause le travail remarquable qu’il a accompli et qui a donné l’une des Transitions politiques les plus réussies en Afrique, mais aussi, il ferait mieux de se tenir loin d’Alain Claude Bilie By Nze, un homme arrogant, violent et irrespectueux, qui croit qu’avec sa rhétorique incendiaire, son rêve de monter au trône va se réaliser. Aujourd’hui, donneur de leçons devenu, mon cadet a oublié le passé.

DU DON D’AUTO-FLAGELLATION DE CERTAINS PARTIS ET HOMMES POLITIQUES

La question mérite son pesant d’or, quand on se réfère à l’histoire politique de notre pays, à partir de 1990, date de la Conférence nationale.

On se rappelle que quelques jours après l’ouverture de cette grande messe, elle s’était transformée en spectacle politique vivant. Ensuite, elle avait pondu plus de 90 Partis politiques, avant de se fondre dans l’apothéose. Les frais de participation à cette manifestation avaient permis à certains conférenciers d’acheter des terrains, épouser leurs femmes et passer des beaux moments avec des petites dans des hôtels de luxe.

Au sortir de là, jusqu’en 2023, le pays n’a plus vécu qu’au rythme de la politique :

– Création de nouvelles formations politiques ;

– Le parti politique est devenu une source d’enrichissement personnel ;

– La transhumance politique, la politique politicienne et la politique du ventre sont devenues des solutions menant vers une ascension aux postes de responsabilité.

Pendant ce temps, le peuple gabonais, lui, observait tout cela avec cette étonnante faculté de tirer le bon grain de l’ivraie. C’est ainsi qu’il va mettre sous terre, au cimetière politique, de nombreux Partis politiques et politiciens.

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