« L’affaire des Bongo Valentin : Un test de maturité pour le Gabon » par Petit-Lambert Ovono

Le procès annoncé de Madame Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, attendu devant la Cour criminelle spéciale à partir du 10 novembre, marque un moment important pour notre pays. Ce n’est pas seulement une affaire judiciaire ; c’est un exercice de vérité et de maturité nationale.

Après des décennies où les citoyens avaient souvent le sentiment que certains étaient « au-dessus des lois », le fait même que la justice examine des dossiers impliquant d’anciens dirigeants montre que le Gabon entre dans une nouvelle ère. Il ne s’agit pas d’humilier, ni de régler des comptes, mais de rappeler un principe fondamental : la loi est la même pour tous.

Les absences annoncées des prévenus et les rumeurs d’enregistrements réalisés en détention ne doivent pas détourner l’attention de l’essentiel : le pays a besoin de vérité, de sérénité et de justice, pas de vengeance ni de spectacle.

La justice doit faire son travail, dans le respect des règles et de la dignité de chacun. C’est ainsi qu’elle gagnera la confiance du peuple.

Certes, cette affaire suscite des émotions, des débats, parfois des divisions. Mais le Gabon doit éviter de se laisser entraîner dans une logique de confrontation. Ce moment peut être une opportunité de renouveau, si chacun — juges, avocats, dirigeants et citoyens — choisit la voie de l’équilibre et de la transparence.

Car, au fond, ce procès ne porte pas seulement sur des personnes. Il engage l’image du pays, la solidité de ses institutions et la crédibilité du nouveau départ annoncé après août 2023. L’enjeu est de prouver que la République gabonaise peut se reconstruire sur la base du droit, de la justice équitable et du respect des principes républicains.

En définitive, l’affaire Sylvia et Noureddin Bongo doit être l’occasion non de rouvrir les plaies du passé, mais de refermer celles de l’impunité. Un pays qui ose juger, expliquer, et tirer les leçons de ses erreurs avance toujours plus loin que celui qui cache ses blessures.

L’histoire retiendra moins le tumulte du procès que la manière dont la nation aura su le traverser — avec calme, respect et sens de la responsabilité.

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