Pour un Gouvernement démocratique et équilibré : Mettre fin aux confusions de rôle entre Exécutif et Législatif

À l’issue des élections législatives des 27 septembre et 11 octobre 2025, une exigence majeure s’impose avec force : celle de la constitution d’une équipe gouvernementale indépendante, détachée des ambitions personnelles des candidats fraîchement « élus » au Parlement. Ce choix, qui paraît de prime abord audacieux, s’impose en réalité comme une nécessité politique, institutionnelle et démocratique.

Les résultats issus de ces élections révèlent une réalité troublante : un taux de participation faible dans de nombreuses localités, laissant planer un doute sur la légitimité de certains élus. Dans un contexte où la défiance vis-à-vis de la classe politique s’accentue, il est crucial de ne pas reconduire des pratiques anciennes qui ont durablement sapé la crédibilité des institutions. Il s’agit désormais de rompre avec l’habitude consistant à puiser dans les rangs parlementaires pour constituer un gouvernement, au risque de détourner les députés de leur véritable mission : légiférer, contrôler l’action gouvernementale et représenter fidèlement les citoyens dans leur diversité.

La mission du député : un mandat à respecter, pas à tronquer

Le député, par essence, n’est pas un ministre en devenir. Il est le porte-voix de la Nation, l’artisan du débat démocratique et le gardien du contrôle parlementaire. L’ Assemblée nationale n’est pas un tremplin vers l’Exécutif, mais un contre-pouvoir indispensable à l’équilibre républicain. C’est pourquoi il est impératif que les futurs membres du gouvernement soient choisis en dehors des « élus » issus du scrutin législatif.

Cette séparation nette des fonctions permettrait non seulement de restaurer l’éthique de la représentation, mais aussi d’assurer une meilleure répartition des rôles entre les deux piliers de l’État. Un député qui se mue en ministre abandonne de facto la mission pour laquelle il a été élu. Il cesse d’être un contrôleur pour devenir un exécutant, contribuant ainsi à l’affaiblissement du pouvoir législatif. Il est donc temps de tourner la page des pratiques qui affaiblissent la démocratie, en misant sur une gouvernance équilibrée, transparente et respectueuse des institutions.

La représentativité, pierre angulaire du leadership institutionnel

Un autre point de vigilance concerne la désignation des présidents d’institutions telles que l’Assemblée nationale ou le Sénat. Il est pour le moins problématique que « les élus » issus de circonscriptions peu peuplées ou marquées par une faible participation électorale puissent prétendre à de telles responsabilités nationales.

Un « élu » ayant obtenu son siège avec à peine 2000 voix ne saurait avoir la même légitimité qu’un autre élu dans dans une circonscription rassemblant plus de 14 000 électeurs. La représentativité ne peut être purement arithmétique ; elle doit être le reflet d’un soutien populaire significatif. À cet égard, une réforme du découpage électoral s’impose, afin de rééquilibrer le poids des circonscriptions sur l’échiquier national. C’est une condition sine qua non pour restaurer la confiance citoyenne et éviter les distorsions dans la représentation politique.

Rompre avec le passé, bâtir un avenir institutionnel crédible

Dans ce nouveau contexte politique, le Président de la République a une opportunité historique : celle d’amorcer une gouvernance de rupture, moderne et équilibrée. Le choix de ne pas nommer de députés au gouvernement serait un acte fort, un symbole d’un engagement en faveur d’un meilleur fonctionnement des institutions.

Cette réforme de fond ne saurait faire l’impasse sur la restructuration des formations politiques elles-mêmes. À ce titre, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) doit engager une profonde refondation. Sa transformation en un véritable parti de gouvernement, structuré, discipliné et capable de porter les ambitions du chef de l’État, est plus que jamais d’actualité. Les dysfonctionnements observés lors du scrutin du 27 septembre doivent servir de catalyseur à une réforme en profondeur de ses instances, de ses pratiques et de son implantation territoriale.

Conclusion : une leçon démocratique à saisir

Le scrutin législatif de 2025 n’a pas seulement accouché d’un nouveau Parlement. Il a mis en lumière les défis persistants de notre démocratie : abstention, déséquilibres institutionnels, clientélisme politique, déficit de représentativité. La réponse à ces défis ne saurait être cosmétique. Elle appelle des décisions fortes et des réformes structurelles. Il est temps, il est grand temps d’en finir avec la confusion des rôles, de réhabiliter le mandat parlementaire dans toute sa noblesse, et d’engager la refondation de notre système politico-administratif. C’est à ce prix que pourra émerger une démocratie véritablement représentative, au service du peuple et non des ambitions individuelles.

Le Politiste EPB

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