« Pourquoi l’argent est limité au Cameroun depuis un temps ? » Par Onguene Ateba

Que faut -il attendre d’une économie non productive ? Nous ne cessons d’attirer l’attention sur ce modèle économique engagé depuis le DSCE de 2009 via la SND30 qui est un modèle économique non productif et qui a entraîné ce que j’ai appelé dans mon dernier ouvrage à dédicacer la Théorie des Rhinocéros blancs. Ce sont les variables microéconomiques qui imposent les agrégats macroéconomiques.

C’est classique en microéconomie, le producteur est le déclencheur de l’offre et le consommateur de la demande. Voilà, le vrai sens de l’économie. Que produisons-nous en microéconomie pour que le PIB en macroéconomie soit considérable et inclusif ?

Yaoundé c’est en moyenne 4 millions de consommateurs pour environ une demande moyenne tout bien confondu de 6 milliards de fcfa minimum par jour. Cette demande n’arrive pas à être satisfaite, elle fait l’objet des importations à au moins 90%. Si l’on ramène cette demande aux 10 régions et par mois, on a une insatisfaction de la demande d’environ 2000 milliards de fcfa par mois.

Ramené annuellement, c’est exactement au moins 24.000 milliards de fcfa qui pouvaient s’ajouter au 36.000 milliards de cfa de PIB moyen annuel.

Conclusion, si nous sommes une économie productive, le Cameroun devrait déjà faire les 60.000 milliards de fcfa de PIB. Allez-y voir ce que l’Etat peut prelever comme ressources pour un tel niveau de production pour booster le budget et être indépendant ou quémendeur des financements externes. Voilà comment une richesse et une économie productive se modélise.

L’économie chinoise est assise sur les exportations et l’économie americaine est assise sur la consommation. Notre modèle économique depuis l’atteinte du point d’achèvement en 2006 n’est assis ni sur la consommation, ni sur les exportations encore moins la production. En clair, dans ce modèle nous nous sommes comportés comme si on relançait par la théorie Keynesienne, des grands travaux qui allaient créer les emplois qui eux-mêmes allaient créer des revenus et le pouvoir d’achat. Erreur, c’est pas ce qu’il fallait faire. Ces grands projets structurants ont entraîné ce que j’appelle des Rhinocéros blancs. Il fallait plutôt relancer par les investissements productifs à court terme. Le modèle n’étant pas productif, l’argent est rare et l’Etat ne peut opérer un miracle.

Le problème est struturel et non conjoncturel, c’est une solution structurelle qui vaille. Voilà pourquoi l’argent est rare et la redistribution vers les populations difficile.

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