Qu’il soit projeté en salles, diffusé à la télévision, hébergé par les plateformes, le documentaire « Archives Nationales : Etat des lieux » est perçu comme un véritable vecteur de lien social, qui répond à une aspiration profonde des Gabonais de se reconnecter les uns aux autres à une époque où l’on déplore la fracturation de notre société.

En effet, le documentaire « Archives Nationales : Etat des lieux » repose sur un dispositif basique et frontal d’entretien filmé. Face caméra, les agents et de la Direction Générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD) décrivent la manière dont l’espace est occupé dans cette vielle bâtisse située au quartier Batterie IV dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville. Sous la coordination du Directeur général DGABD Télesphore Obame Ngomo, la captation simple et directe des explications très précises des agents s’enrichit avec l’illustration des conditions de conservation, tout aussi lamentables : dégradation des documents, fiches poussiéreuses, empilement des dossiers, disparition de nombreux documents, titres des fiches ne correspondant pas à ceux des dossiers. Ce parti pris minimaliste permet de se concentrer sur la parole et sa concrétisation en image. S’ouvre ainsi, à l’intérieur de cet espace restreint, un autre espace de représentation qui permet au spectateur de se projeter dans la réalité décrite et de mesurer que la rénovation des bâtiments historiques est un sujet passionnant qui combine art, savoir-faire et respect des héritages culturels. Ce type de projet sollicite une expertise minutieuse pour préserver l’essence même de ces constructions tout en intégrant des éléments de modernité.
Par ailleurs, la voix off du journaliste Christian Walter Ngoua-Beau dans ce documentaire n’est pas un simple ajout, c’est une composante clé qui guide le public à travers l’histoire. Par sa narration, il donne vie aux images et aux extraits de film, en ajoutant une dimension émotionnelle et informative.

Force est de constater que le documentaire « Archives Nationales : Etat des lieux » générera sans conteste des discussions, car les archives d’un pays sont sa mémoire. Ce sont elles qui témoignent de l’activité et de la vitalité d’une nation. Ne pas prendre en compte sa mémoire, c’est quelque part s’ignorer soi-même.

