Les victoires ne se décrètent pas, elles se construisent
Quoi que l’on dise de Mouyouma et de ses joueurs — qui ont, certes, leur part de responsabilité dans les échecs successifs à ce grand rendez-vous du football africain— une chose demeure incontestable : la victoire ne se décrète pas*. Elle ne tombe pas du ciel. Elle se pense, se planifie, se construit et se met en œuvre dans la durée.
Le Maroc, pour devenir la nation footballistique qu’elle est aujourd’hui, a entrepris une refondation complète de son football. Cela est passé par la création de centres de formation modernes, une politique rigoureuse de détection des talents, le financement de bourses pour les meilleurs jeunes, et surtout par l’organisation d’un championnat national structuré, crédible et compétitif.
Un championnat bien organisé est la vitrine de la santé d’un football. Il révèle sa force non seulement au niveau local, mais aussi sur les scènes continentale et internationale. Le Maroc l’a compris, tout comme l’Afrique du Sud, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire. Dans tous ces pays, les succès actuels sont le fruit d’investissements colossaux, planifiés et assumés par l’État, avec des infrastructures comparables à celles de nombreux pays européens.
À l’inverse, on ne fait pas de miracles dans un désert de vision, face à un pays qui refuse d’avancer. Mouyouma et ses joueurs ne peuvent pas, à eux seuls, compenser l’absence de vision, de structures, de compétitions crédibles et d’infrastructures adaptées.
Les déclarations faites au soir de la Saint-Sylvestre visant à dissoudre cette équipe nationale relèvent davantage d’une fuite en avant* que d’une analyse lucide. Elles traduisent une volonté de renvoyer la faute sur un staff qui, malgré ses manquements, ne mérite ni l’acharnement ni l’humiliation publique dont il fait l’objet.
Le véritable responsable de ce naufrage est ailleurs. Il se trouve du côté de l’État gabonais, de son Ministère des Sports, et de la Fédération. Ce sont eux qui ont la charge de penser, financer, structurer et piloter la politique sportive nationale. Ce sont à eux que le peuple gabonais doit demander des comptes.
Sans vision, sans investissement durable et sans gouvernance responsable, le football gabonais restera prisonnier de ses échecs, condamné à recycler les mêmes discours et à sacrifier, génération après génération, ses talents.
Le Gabon que je veux, et que j’appelle de tous mes vœux, doit désormais rompre définitivement avec les bricolages, l’improvisation et l’amateurisme. Nous ne pouvons plus continuer à livrer notre nation en pâture au regard du monde, exposée à l’humiliation permanente par l’incompétence de ceux qui ont la charge de la gouverner.
Ce qui était autrefois toléré par résignation, ne l’est plus aujourd’hui. Ce n’est plus acceptable.
Un pays qui se respecte planifie, anticipe, investit et évalue. Il se dote de dirigeants compétents, responsables et redevables de leurs actes. Il protège son image, sa jeunesse et son avenir.
Le temps des excuses est révolu. Celui de la responsabilité commence.
Le Gabon ne manque ni de talents, ni de ressources, ni d’intelligence collective. Ce qui lui fait défaut, c’est une volonté politique sérieuse, une gouvernance rigoureuse et une vision claire du long terme. C’est à cette rupture que nous appelons.
C’est ce Gabon-là que nous voulons bâtir — un Gabon digne, structuré et ambitieux.
Bonne année 2026 à tous et que vive le Gabon immortel débarrassé de ses perfides trompeurs qui repandent la mort et le poison. Jean-Arsene Houla-Houla

