Si Dieu habitait vraiment chaque église de réveil, l’Afrique serait aujourd’hui un continent en plein essor. Dans les années 80, il n’y avait que des églises catholiques : peu nombreuses, organisées, reconnaissables à leurs cloches assourdissantes qui résonnaient chaque dimanche. Puis vinrent les églises de réveil. Le mot “réveil” promet la lumière, mais pour l’Afrique — et pour le Gabon en particulier — ce fut le début du sommeil : le sommeil de la démocratie et de l’espoir. Ces églises, au lieu d’éclairer, ont drastiquement participé à la paupérisation des peuples et à la misère de leurs enfants.
Si Dieu était vraiment là, comment expliquer la pauvreté croissante après leur apparition ? Jésus ne serait-il bon qu’à enrichir les pasteurs par le sacrifice de ses fidèles ? Un homme capable de ressusciter un mort devrait logiquement pouvoir créer la richesse là où elle fait défaut : la vraie richesse, ce n’est pas l’or ou les billets, c’est l’humain, sa dignité, son potentiel. Mais non : ici, le miracle se limite à remplir les poches de l’homme de l’autel.
L’Afrique est pauvre, même après tout ce que l’Occident lui a donné. Nier ce fait serait se voiler la face : les signes sont partout. Si Jésus ne sait produire que des miracles qui enrichissent le pasteur et laisse ses fidèles dans la misère, alors il est clair que ce n’est plus de la divinité : c’est une machination, un système conçu pour ceux qui savent manipuler la foi à leur avantage, au détriment des peuples.

