Loin des interprétations superficielles, il convient de poser le fondement théorique du débat sur l’accompagnement du FMI au Gabon. L’urgence actuelle s’inscrit dans les conclusions de la conférence extraordinaire des chefs d’État de la zone CEMAC, convoquée dans un contexte de forte pression sur les réserves de change et de risques accrus pour la stabilité du Franc CFA.* *Les fonctions critiques des réserves de change* Le cœur du problème réside dans la baisse préoccupante des réserves de change des six pays de la zone.
Pour rappel, ces réserves remplissent trois fonctions vitales :
1 / Garantir la parité et la convertibilité de notre monnaie vis-à-vis des devises étrangères (Euro, Dollar, Yen, etc.).
2 / Assurer le paiement des importations, dont les pays de la CEMAC sont structurellement dépendants (biens d’équipement, médicaments, produits alimentaires).
3 / Honorer le service de la dette extérieure et absorber les chocs économiques exogènes.
Un constat alarmant en 2026
L’urgence est dictée par des tensions économiques persistantes. Le Gabon et le *Congo affichent un endettement public préoccupant, oscillant entre 82% et 84% du PIB selon les prévisions pour 2026. Ces chiffres nous placent nettement au-delà des critères de convergence communautaires, fixés à 70% du PIB.* Si l’inflation reste contenue à environ 2,8%* (sous le seuil de 3% ), l’érosion des réserves est alarmante : elles sont passées de 7 200 milliards de FCFA en 2024 à 6 377 milliards en 2025 soit une baisse de réserve de change de 12,90%.
Le risque majeur : Une chute prolongée de ces réserves pourrait contraindre l’autorité monétaire à une dévaluation de la monnaie, entraînant mécaniquement une perte brutale du pouvoir d’achat et un alourdissement insoutenable de la dette extérieure.
Le rôle du FMI : Entre discipline et rationalisation*
C’est cette menace qui justifie l’intervention du FMI. Son action repose sur des piliers non négociables :
1 / La discipline budgétaire stricte pour stopper l’hémorragie des finances publiques.
2 / L’accélération du Compte Unique du Trésor (CUT), outil indispensable pour centraliser les fonds publics et éradiquer le gaspillage.
3 / Le rapatriement effectif des devises, un enjeu de taille pour le Gabon dont le potentiel est estimé à près de 2 700 milliards de FCFA.
En somme, la présence du FMI n’est pas une simple ingérence, mais une nécessité de stabilisation face à un risque de crise monétaire systémique.
Ghislain MAPANGOU MAPANGOU, Président Fondateur du Comité pour la restauration des mentalités

