La crise qui secoue l’Éducation nationale gabonaise a désormais dépassé le simple cadre des revendications sociales. Après plusieurs semaines de grève, le pays fait face à un risque réel et immédiat d’année blanche, une perspective lourde de conséquences pour des milliers d’élèves et leurs familles.
Contrairement aux idées reçues, la question n’est plus financière. Selon des sources officielles, les 16 milliards de FCFA destinés au secteur sont bel et bien disponibles, le protocole d’accord est finalisé, et le calendrier de paiement est prêt, avec un démarrage possible dès février 2026.
Un blocage qui n’est plus budgétaire
Les autorités l’affirment sans ambiguïté : l’État a fait sa part.
Un effort financier historique a été consenti, représentant près de 40 % de la marge de manœuvre budgétaire de l’État pour 2026, exclusivement orienté vers l’Éducation nationale. Peu de secteurs peuvent se prévaloir d’un tel niveau de priorité.
Dès lors, une question s’impose : pourquoi l’école reste-t-elle fermée ?
Le point de blocage identifié porte sur l’Article 6 du protocole consolidé, qui conditionne les paiements à un audit du fichier matricule et à l’arrêt des vacations en cas de doublons ou d’irrégularités. Une exigence que l’État présente comme normale, légitime et conforme aux règles de bonne gouvernance.
La transparence refusée, l’école sacrifiée ?
Pour de nombreux observateurs, le refus persistant de certains leaders syndicaux d’accepter cet audit pose problème.
Pourquoi refuser un contrôle lorsqu’on réclame des fonds publics ?
Que craint-on de voir apparaître dans les fichiers ?
Selon des sources administratives, ce refus laisserait supposer l’existence de dysfonctionnements internes, voire de bénéficiaires indûment maintenus. Dans ce contexte, le choix de maintenir la grève apparaît, aux yeux de nombreux parents d’élèves, comme une prise d’otage du système éducatif, au détriment des enfants.
Une main tendue, un dialogue toujours ouvert
Malgré la tension, l’État affirme maintenir une main tendue. Le dialogue reste ouvert, les institutions sont mobilisées, et les mécanismes de paiement sont prêts à être enclenchés.
Une seule condition demeure : la validation de l’audit, exigence standard dans tout État responsable et soucieux de l’équité.
Pour les autorités, il ne s’agit ni de stigmatiser ni de retarder, mais de s’assurer que chaque franc engagé bénéficie réellement aux enseignants légitimes, dans un esprit de justice et de transparence.
Parents d’élèves : l’heure des vérités
Dans les quartiers, sur les ondes des radios communautaires, dans les micro-trottoirs, une même inquiétude revient : combien de temps encore les enfants devront-ils payer le prix d’un refus de transparence ?
La phrase circule et s’impose dans le débat public :
« Parents d’élèves, l’État est prêt à payer. Si l’école reste fermée, c’est parce que certains refusent la transparence. »
À l’heure où l’avenir scolaire de toute une génération est en jeu, le pays se trouve face à un choix clair : lever les blocages, accepter la transparence et permettre la reprise des cours, ou assumer la responsabilité d’une année sacrifiée.
Pour le gouvernement, la ligne est désormais tracée : l’État assume, finance et agit. Le reste relève d’un choix syndical aux conséquences nationales.
Le djiad


Une réflexion sur “Quand le refus de transparence menace l’avenir des enfants”