1-La violation des critères de convergence de la CEMAC en cours
La passion de l’économie c’est qu’elle est mécanique. Lorsqu’on atteint le point d’achèvement en 2006, le Cameroun a vu sa dette ramenée à environ 3000 milliards de FCFA. 20 ans plus tard, Rendu au 31 janvier 2026 la dette avoisine déjà les 16.000 milliards de FCFA en valeur absolue soit une augmentation de 450% en valeur relative. Cette dette est pourtant soutenable par rapport aux critères de convergence de la CEMAC sur le plan théorique, mais sur le plan pratique le problème c’est qu’elle est non productive et elle a créé ce que j’appelle la Théorie des Rhinocéros blancs. Quand vous voulez rendre la dette rentable il faut bien que le taux de rentabilité de l’investissement issu de cette dette(Tr) soit supérieur aux taux d’intérêt (Ti) de cette dette. C’est basique en économie. Mais, si la dette doit être contractée pour payer une autre dette, on se retrouve avec un Taux d’intérêt supérieur au taux de rentabilité qui est nul.
2-L’erreur d’un modèle ayant entraîné un cycle économique
On ne doit pas nous bourrer les oreilles avec le concept de soutenabilité de la dette. À notre niveau et sur le plan pratique, elle n’est plus soutenable, c’est pourquoi nous avons peur d’oser aller jusqu’à 70%du PIB. Qu’on arrête de nous chanter les lithanies selon lesquelles, la dette est soutenable. Malgré nos 47% du PIB, elle n’est plus soutenable. Car, nos investissements sont muets, l’excès des Rhinocéros blancs. Quand vous finissez de construire 14 postes de payage numérique et qu’ils n’entrent pas en activité, vous oubliez que l’équipement s’amorti sans être utilisé et il demande une maintenance préventive sans même être utilisé et des coûts sans même être exploité. Face à un tel Rhinocéros blanc, comment peut-on convaincre les bailleurs de fonds? Ces bailleurs de fonds deviennent coupables également car ils nous aident à s’enfoncer. La conséquence, notre note souveraine vers les agences de notation n’est pas rassurante et nous passons actuellement par la sous-traitance de la dette vers d’autres institutions comme la BAD pour emprunter à notre place et nous reverser. Mais nous n’aurons pas de choix. Nous sommes asséchés.
Aucune surprise. Nous allons continuer à lever des euro-bonds et autres pour régler nos impayés. C’est le seul modèle économique qui nous reste.L’endettement pour la survie. Le modèle économique du Cameroun a planté depuis 2011. Et depuis lors, il ne produit que des Rhinocéros blancs. Nous vivons un cycle économique qui a déjà fait 15ans, celui opté dans notre modèle économique en 2010…Il s’essouffle.
3- Vers une zone de turbulences économiques
Ce qui doit arriver, arrivera tôt ou tard. Quand on veut tricher et camoufler les réalités de notre économie actuellement en faisant le tour du monde pour lever les euro-bonds et autres dettes. Il arrivera le temps de la stagflation et ensuite la phase embryonnaire de la récession, après la phase de croissance de la récession et plus tard la crise économique. Nous n’en sommes pas encore là. Soyons vigilants. Ne dites pas plus tard que nous n’avons pas averti. Nous rappelons que le prix du kg du cacao est déjà à 1500f/kg, conséquence d’une baisse des réserves de change et des recettes non pétrolières. Nous pouvons commencer à amortir le choc à partir des projets qui peuvent propulser le modèle ( voir mon dernier ouvrage publié en cours de dédicace intitulé : » Le modèle d’émergence économique du Cameroun à l’aube de 2035, analyse rétrospective et prospective par la théorie des Rhinocéros blancs »)
Dr ONGUENE ATEBA
-Théoricien de l’Onguénéisme
-Théoricien des Rhinocéros blancs
-PDG du Tink Tank FOA

