La séquence transitionnelle que vient de traverser notre pays s’est achevée. Elle aura marqué une étape singulière de notre histoire institutionnelle. Les efforts engagés pour restaurer la stabilité de l’État et préserver le fonctionnement républicain doivent être reconnus avec objectivité. Ils constituent un socle indispensable.
Toutefois, la stabilisation politique n’est qu’une condition. Elle ne peut pas être considérée comme une finalité. L’exigence qui s’impose désormais est celle de la consolidation sociale et économique. Le véritable baromètre de la réussite nationale ne réside pas uniquement dans l’architecture institutionnelle, mais dans l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens.
Or les défis demeurent considérables. La pression persistante de la vie chère fragilise les équilibres familiaux. Les tensions qui affectent le système éducatif interrogent notre capacité à préparer l’avenir. Le chômage, notamment celui des jeunes, demeure un facteur d’incertitude social majeur.
À ces difficultés s’ajoute une réalité quotidienne devenue trop fréquente : les coupures intempestives d’eau et d’électricité. Les perturbations récurrentes observées dans la déserte assurée par la société d’énergie et d’eau du Gabon affectent lourdement les ménages, les commerces, les établissements scolaires et l’activité économique. L’accès continu à l’eau potable et à l’électricité constitue un service public essentiel. Lorsqu’il devient incertain, c’est la confiance collective qui s’érode.
Cette situation appelle réponse structurelle : audit rigoureux des infrastructures, Plan d’investissement pluriannuel transparent, maintenance renforcée et obligation claire de performance pour les opérateurs concernés.
C’est dans cet esprit qu’un Pacte de consolidation National apparaît nécessaire. Ce pacte doit reposer sur des priorités cohérentes : modernisation des infrastructures essentielles, réforme ambitieuse de l’éducation, stratégie durable de maîtrise de la vie chère, politique opérationnelle en faveur de l’emploi des jeunes et de bonne gouvernance publique fondée sur la transparence et l’obligation de résultats.
Le temps des réponses ponctuelles doit céder la place à une planification méthodique et constante. La stabilité politique acquise doit désormais produire des effets sociaux visibles et mesurables. Soutenir les avancées lorsqu’elles servent l’intérêt général relève de la responsabilité républicaine. Exprimer l’exigence d’améliorations face aux difficultés persistantes relève du même esprit.
La transition politique est achevée. La consolidation nationale commence.
Joachim Mbatchi Pambou, Président du forum pour la Défense de la République (FDR), Ancien candidat à l’élection présidentielle d’août 2023

