« Quand le pillage devient un mode de vie pour un groupe d’hommes dans une société, ils se créent au fil du temps un système juridique qui l’autorise et un code moral qui le glorifie. » Frédéric Bastiat.
Cette citation est une dénonciation puissante de la corruption morale et institutionnelle. Bastiat nous rappelle que l’injustice ne commence pas toujours par la violence visible. Elle commence souvent par une habitude. Lorsqu’un groupe découvre qu’il peut s’enrichir aux dépens des autres par la force, la manipulation ou l’abus de pouvoir et que cela devient profitable, il cherche naturellement à protéger ce privilège.
Mais pour durer, le pillage ne peut pas rester illégal. Il doit se déguiser. Alors naît un système juridique qui légalise l’injustice. Ce qui était vol devient taxe abusive. Ce qui était oppression devient réglementation. Ce qui était favoritisme devient politique publique. La loi, qui devrait protéger, devient un instrument de prédation.
Et comme la loi seule ne suffit pas, on construit aussi un code moral pour justifier l’injustifiable. On parle d’« intérêt général », de « nécessité », de « progrès », afin de transformer l’exploitation en vertu. Le discours change la perception. L’injustice devient normale. Puis elle devient morale.
C’est ainsi que les sociétés se déforment : non pas seulement par des hommes mauvais, mais par des systèmes qui finissent par rendre le mal acceptable. Bastiat nous invite donc à la vigilance. Car lorsque la loi ne protège plus la liberté et la propriété, mais organise leur violation, le danger n’est plus seulement économique, il est moral.
Cette citation est un appel à défendre une société où la loi protège, au lieu de piller ; où la morale élève, au lieu de justifier l’abus ; et où le pouvoir sert, au lieu de se servir.

