Pour que les citoyens puissent faire entendre leur voix en 2026, l’Afrique devra composer avec un paysage électoral complexe marqué par des conflits, des dirigeants bien établis, le mécontentement croissant des jeunes et l’influence d’acteurs extérieurs.
La diversité des modes de gouvernance en Afrique se reflète dans les 11 pays qui prévoient d’organiser des élections en 2026. On peut s’attendre à ce que près de la moitié d’entre elles soient compétitives, tandis que les résultats des autres sont prévisibles. Le deuxième pays le plus peuplé du continent, l’Éthiopie, ainsi que certains des plus petits, dont les nations insulaires du Cap-Vert et de São Tomé et Príncipe, se rendront aux urnes cette année.

Dans 4 de ces 11 pays (Ouganda, République du Congo, Djibouti et Soudan du Sud), les présidents sont au pouvoir depuis au moins 15 ans. En Ouganda et en République du Congo, les dirigeants occupent leur poste depuis plus de quarante ans. (Dans le cas de Denis Sassou-Guesso, cela s’est passé en deux temps). Les quatre cas de mandats prolongés ont tous été rendus possibles par le fait que les présidents en place ont, au fils des ans, contourné les restrictions relatives à la limitation du nombre de mandats, ce qui a entraîné des coûts économiques, politiques et sécuritaires pour leurs pays.
La Somalie et l’Éthiopie organiseront des élections dans un contexte de conflit armé. Le Bénin, la Gambie et la Zambie tentent quant à eux de remettre en place leurs institutions démocratiques après des dérives autoritaires plus ou moins importantes.
Bon nombre des pays africains qui auront des élections en 2026 sont confrontés à des tests des principes démocratiques consistant à mettre en place des contrôles efficaces sur le pouvoir exécutif afin de permettre le partage du pouvoir et la représentation populaire. Il s’agit là d’un défi considérable pour toute société, et trouver le bon équilibre n’est pas une formule toute faite. Pour plusieurs de ces pays, les réformateurs à l’origine de l’ouverture démocratique constituent désormais une menace à cause de la concentration excessive du pouvoir au sein de l’exécutif.
La jeunesse est au cœur de toutes les élections organisées cette année sur le plus jeune continent du monde. Elle souhaite être entendue et exige davantage de transparence, d’équité et de réactivité envers les citoyens dans le cadre de ces processus électoraux. C’est le cas même dans les pays où les règles du jeu électoral sont inégales, ce qui souligne l’aspiration profonde et l’engagement en faveur d’une réforme démocratique sur tout le continent.
L’Afrique de l’Est sera représentée de manière disproportionnée puisque 5 des 11 élections du continent s’y dérouleront. Au-delà des effets directs que cela aura sur la gouvernance et la sécurité dans cette région, l’Afrique de l’Est est également confrontée à des rivalités croissantes entre les Etats du Golfe, ce qui ajoutera une couche supplémentaire de complexité à ces élections.
Les normes régionales étant en évolution sur tout le continent, les élections, même dans les plus petits pays, sont susceptibles d’avoir des répercussions plus importantes sur la gouvernance et la sécurité.
Par Joseph Siegle et Hany Wahila

