« La démocratie n’est pas le fait d’avoir une population éduquée, mais des lois appliquées » Mr Yann

Je tiens d’abord à rappeler que les réseaux sociaux existent au Gabon depuis la fin des années 1990. À leurs débuts, les populations africaines ne manifestaient pas une telle virulence envers les détenteurs du pouvoir.

Du temps d’Omar Bongo Ondimba, bien qu’il fût considéré par certains comme l’architecte du malheur républicain, l’internet n’a jamais été interrompu au Gabon.

C’est après l’accession au pouvoir d’ *Ali Bongo Ondimba*, dans un contexte électoral fortement contesté, que de nombreux Gabonais — parfois autoproclamés activistes — ont trouvé dans internet un moyen de dénoncer les dérives du pouvoir, ne pouvant plus compter sur l’impartialité d’une presse sous pression.

Chaque fois que des journalistes ou des médias ont tenté d’exercer leur mission de dénonciation des abus, le constat a souvent été alarmant : arrestations, interdictions de publication, intimidations. Ainsi, la presse agréée s’est retrouvée muselée.

Face à un pouvoir concentrant les leviers médiatiques, juridiques et politiques, il n’est pas surprenant que le besoin d’expression finisse par exploser ailleurs.

Si la presse jouissait d’une totale liberté, les activistes numériques seraient moins nombreux, car les professionnels de l’information feraient pleinement leur travail. Hélas, dans de nombreux pays africains, la liberté d’expression — pourtant encadrée par la loi — demeure sous contrôle permanent.

Comment, dès lors, peut-on se permettre d’insulter toute une population qui ne demande que la transparence dans la gestion de la chose publique ? Sa chose publique !

Si les motivations de Norbert Epandja ne relèvent pas d’un alignement opportuniste envers les nouveaux dirigeants, alors il faut bien parler de posture *kounabeliiste*.

Car un véritable opposant combat un système, non un homme. Or, soutenir aujourd’hui une gouvernance qui reproduit les mécanismes d’hier laisse penser que le combat n’était pas idéologique, mais personnel.

Voilà où le bât blesse.

Si l’on constate aujourd’hui une forme de dérive verbale chez certains compatriotes, ce n’est pas nécessairement par manque d’éducation, mais parce que la démocratie, telle qu’elle est pratiquée dans plusieurs pays africains, laisse un goût amer aux peuples.

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