Les tensions croissantes entre ISRAËL et IRAN, avec l’implication des ÉTATS -UNIS , marquent une nouvelle étape dans les équilibres géopolitiques internationaux.
Si ce conflit semble éloigné de nos réalités quotidiennes, ses conséquences pourraient pourtant se faire sentir au-delà du Moyen -orient. Dans un monde profondément interdépendant, les crises régionales ont souvent des répercussions globales, notamment sur les marchés de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la stabilité économique mondiale.
Au coeur de ces tensions se trouve le Détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial.
Toute perturbation dans cette zone pourrait provoquer une hausse brutale des prix de l’énergie.
Une telle situation entraînerait presque mécaniquement une inflation mondiale accrue, un renchérissement du transport maritime et une pression supplémentaire sur les économies déjà fragilisées.
L’histoire économique récente nous enseigne que les crises énergétiques ont souvent des effets durables sur l’économie mondiale.
Pour les économies africaines, ces chocs internationaux ont généralement des conséquences immédiates. L’augmentation du prix du carburant se répercute rapidement sur le coût du transport, des denrées alimentaires et des biens de consommation.
Nos pays se retrouvent alors confrontés à une hausse du coût de la vie qui pèse directement sur les populations.
Cette situation révèle une vulnérabilité structurelle : la forte dépendance de nombreuses économies aux importations.
Le Gabon, en tant que pays producteur de pétrole, pourrait tirer un bénéfice immédiat d’une éventuelle hausse du prix du brut.
Mais ce bénéfice potentiel ne doit pas masquer une réalité plus complexe. Car dans le même temps, l’augmentation du coût du transport maritime international, des produits alimentaires importés et de nombreux biens de consommation risque d’entraîner une pression accrue sur le pouvoir d’achat des populations.
Autrement dit, ce qui apparaît à première vue comme un avantage budgétaire peut rapidement se transformer en difficulté sociale si aucune anticipation n’est mise en place.
Face à ces incertitudes, il serait imprudent de rester dans une posture d’attente…
Le moment est donc venu d’engager une réflexion stratégique sur la résilience de notre économie face aux chocs extérieurs.
À cet effet, je propose l’ouverture d’une STRATÉGIE NATIONALE de RÉSILIENCE ÉCONOMIQUE, articulée autour de trois axes prioritaires :
– Le premier axe consiste à créer un FOND NATIONAL de STABILISATION du COÛT de la VIE, destiné à amortir les effets des chocs inflationnistes sur les produits essentiels ;
– Le deuxième axe doit être l’accélération d’un PROGRAMME AMBITIEUX de SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE, afin de réduire progressivement la dépendance du Gabon aux importations agricoles ;
– Le troisième repose sur le DÉVELOPPEMENT d’une POLITIQUE VOLONTARISTE de TRANSFORMATION LOCALE de nos ressources naturelles, seule capable de renforcer la valeur ajoutée nationale et de créer davantage d’emplois.
Les grandes crises internationales sont souvent des révélateurs. Elles mettent en lumière, les fragilités des économies. Mais offrent également l’occasion d’engager des réformes nécessaires.
Pour le cas du Gabon, la situation actuelle doit être perçue comme un signal d’alerte, mais aussi comme une opportunité d’accélérer la diversité de notre économie.
Dans un monde où les équilibres géopolitiques évoluent rapidement, les nations les plus solides sont celles qui savent anticiper les transformations en cours.
Le véritable enjeu n’est pas d’éviter les crises du monde – cela est impossible – mais de construire une économie suffisamment robuste pour en limiter les effets. Car au fond, la souveraineté d’une nation ne se mesure pas à ses ressources naturelles. Elle se mesure surtout à sa capacité à préparer l’avenir.
Dans un monde instable, les nations fortes ne subissent pas les crises : Elles les anticipent.
Joachim Mbatchi Pambou, Président du Forum pour la Défense de la République (FDR), candidat à l’élection Présidentielle d’août 2023.

