Pourquoi les États-Unis soutiendront Israël jusqu’à la fin du monde : Une réalité stratégique et historique

Il est essentiel de comprendre une vérité que beaucoup refusent d’admettre : les États-Unis ne sont jamais intervenus dans le monde par pure philanthropie. Leur politique étrangère, depuis la fin du XIXᵉ siècle, est guidée par la logique du pouvoir, de l’influence et de la préservation de leurs intérêts économiques et géopolitiques. L’aide, la diplomatie et le soutien militaire ne sont que des outils pour consolider leur domination.

Beaucoup croient à tort que le soutien américain à Israël repose sur une considération religieuse, inspirée par le passage biblique : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront. » Mais cette vision mystique ignore les calculs froids et précis qui ont structuré la politique américaine au Moyen-Orient depuis 1948.

Le Moyen-Orient : un pivot stratégique

Depuis le XIXᵉ siècle, le Moyen-Orient est la clé du commerce mondial et de la richesse énergétique. Cette région abrite près de la moitié des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Les États-Unis ont compris très tôt que contrôler ce carrefour stratégique signifiait maîtriser l’économie capitaliste mondiale.

1913-1914 : L’Empire britannique, avec le soutien américain naissant, sécurise les pipelines et les premières concessions pétrolières en Irak.

1953 : Le coup d’État orchestré par la CIA en Iran, renversant le Premier ministre Mossadegh, confirme la priorité américaine : contrôler le pétrole plutôt que de respecter la souveraineté locale.

Dans ce contexte, Israël devient le pion idéal. Sa création en 1948, après la résolution 181 de l’ONU, n’est pas un simple geste humanitaire post-Holocauste. Elle s’inscrit dans une logique géopolitique : disposer d’un allié militaire fiable et technologiquement avancé dans une région instable.

Israël : le levier américain

Les États-Unis investissent plusieurs milliards de dollars chaque année pour renforcer Israël :

Aide militaire : environ 3,8 milliards de dollars par an depuis 2016, selon le Congressional Research Service.

Coopération technologique et militaire : le développement des systèmes de défense antimissile Iron Dome, financé à hauteur de 1,6 milliard de dollars par Washington entre 2011 et 2020.

Soutien diplomatique : à plusieurs reprises, les États-Unis ont utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour protéger Israël des résolutions critiques (1982 contre l’invasion du Liban, 2012 contre la reconnaissance palestinienne à l’ONU).

En retour, Israël offre à Washington :

Un point d’ancrage militaire au cœur du Moyen-Orient, capable de dissuader les pays arabes de s’aligner hors de l’influence américaine.

Une capacité technologique et de renseignement qui profite directement aux opérations américaines dans la région, de la cybersécurité au renseignement sur le nucléaire iranien.La rivalité sino-américaine.

Aujourd’hui, un autre facteur entre en jeu : la Chine. Pékin dépend fortement du Moyen-Orient pour son approvisionnement énergétique : près de 50 % de son pétrole provient de cette région. Contrôler le flux de pétrole signifie influer sur le développement chinois, et Israël, avec le soutien américain, devient un maillon essentiel dans cette stratégie globale.

2019-2024 : Les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis autour des routes maritimes du Golfe et du détroit d’Hormuz renforcent l’importance géopolitique de ce partenariat.

L’isolement et les limites

Pourtant, le duo américano-israélien montre ses faiblesses :

L’isolement diplomatique d’Israël s’accentue, avec des pays comme la Turquie, l’Inde et certains États africains qui diversifient leurs alliances.

La Cour internationale de justice a été saisie par l’Afrique du Sud et d’autres pays sur certaines pratiques contestées, révélant que le soutien américain ne peut protéger Israël de toutes les contestations internationales.

Une relation gagnant-gagnant mais fragile

Ce partenariat n’est donc pas fondé sur des affections ou des bénédictions divines. Il est pragmatique :

Les USA obtiennent un levier stratégique, un allié fiable et une influence régionale.

Israël obtient soutien financier, militaire et diplomatique, indispensable à sa survie dans un environnement hostile.

Mais le futur reste incertain : les alliances mondiales se réforment, les blocs émergents comme la Chine, la Russie et les pays africains redéfinissent les rapports de force. À long terme, ce mariage stratégique pourrait être remis en question si Washington décide de repenser sa politique énergétique et géopolitique.

En résumé : le soutien américain à Israël n’est jamais gratuit. Il est le produit d’un calcul stratégique, économique et militaire vieux de plus de 70 ans, un lien forgé pour contrôler le Moyen-Orient, sécuriser les flux de pétrole et contenir les concurrents émergents. Comprendre cette réalité, c’est comprendre la mécanique implacable de la politique mondiale.

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