La très sérieuse agence Reuters vient de donner des informations qui confirment l’état sidérant d’impréparation de l’agression israélo-américain contre l’Iran.
On apprend en effet que les États-Unis ont tiré 400 missiles Tomahawk au cours des trois premiers jours de cette nouvelle guerre et que cela représente… 5 ans de stock.
Paniqué à l’idée de ne bientôt plus avoir suffisamment de missiles pour contrer les forces armées iraniennes, Trump a fustigé l’administration Biden en lui reprochant d’avoir dilapidé ces précieux missiles dans la guerre en Ukraine.
Il a également décidé de convoquer vendredi 6 mars à la Maison Blanche les représentants de Lockheed Martin, Raytheon et d’autres grands groupes d’armement afin d’accélérer considérablement leur production.
L’objectif fixé serait de porter la production de missiles Tomahawk à 1000 par an. Le Secrétariat à la Défense annonce qu’une rallonge budgétaire colossale (pas moins de 50 milliards de dollars !) devrait être mise en œuvre pour tenter de reconstituer les stocks et d’augmenter au plus vite la cadence de production.
Même si cela paraît incroyable, force est de constater que cette guerre israélo-américaine, qui n’est pas la première du genre et dont on parle depuis des années, a été lancée de façon superficielle et bâclée.
Aussi, la décision d’assassiner le Guide Suprême Khamenei avait été irréfléchie. Sa principale conséquence est d’avoir fait de lui un martyr, au sens de l’islam chiite duodécimain, et donc d’enflammer la ferveur de tout le monde chiite, du Yémen à l’Azerbaïdjan, et du Liban au Bahreïn. Loin de faire s’effondrer le régime théocratique de Téhéran, il l’a renforcé, ce qui est le contraire même de l’objectif qui était recherché !
La décision de tuer Khamenei a donc été prise sous l’effet d’une conception occidentaliste du pouvoir, sans consacrer le temps nécessaire à faire l’effort d’inculturation qui aurait permis de bien mesurer les conséquences redoutables d’un tel meurtre sur l’état d’esprit de dizaines de millions de chiites.
De même, la décision de lancer l’attaque, sans avoir eu le souci minimal de vérifier l’état des stocks de missiles et la durée nécessaire pour en reconstituer, a été prise sous l’effet d’une conception hollywoodienne de la guerre, où les soldats yankees sont par principe les Bons et les gagnants.
Il est bien temps de s’apercevoir, 3 jours après le début de la guerre, que l’intendance n’a pas les moyens de suivre !!
Bref, l’attaque israélo-américaine révèle un très inquiétant travail d’amateur, où les effets de communication l’emportent sur la profondeur de la réflexion, et où l’impulsivité prime sur le calcul à long terme.
Et tout cela face à l’Iran, c’est-à-dire face à des dirigeants et à une armée qui sont habitués à réfléchir avec 4 ou 5 coups d’avance, puisqu’ils sont les enfants d’une civilisation qui a inventé le jeu d’échecs…

