« Gestion des excédents pétroliers et impératif social au Gabon » par Ghislain MAPANGOU MAPANGOU

Le Gabon bénéficie actuellement d’une conjoncture particulièrement favorable. Alors que la Loi de Finances a été élaborée sur la base prudente d’un baril à *75 dollars* , le Brent daté s’établit en ce premier trimestre 2026 autour de *110 dollars.

Cet écart de *35 dollars* par baril place le pays dans une situation de *confort budgétaire* exceptionnel. Cette *rentabilité réelle* génère des surplus qui dépassent largement les prévisions initiales, offrant ainsi à l’État une marge de manœuvre historique pour réorienter sa politique économique.

Priorisation des Excédents : Entre Souveraineté et Dette

La gestion de cette manne doit répondre à une stratégie de résilience à long terme. Les excédents constatés doivent impérativement servir à :

– Alimenter le Fonds Souverain de la République Gabonaise (FSRG) : Pour garantir l’épargne intergénérationnelle.

– Réduire le stock de la dette publique : Afin d’alléger le service de la dette et de restaurer la signature du Gabon sur les marchés internationaux.

3. L’Urgence Sociale comme Levier de Stabilité

Au-delà des agrégats macroéconomiques, l’accent doit être mis sur le social pour apaiser le climat national et restaurer la confiance entre le sommet de l’État et les citoyens. La *haute rentabilité* actuelle doit se traduire par des actions concrètes :

– Régularisation administrative : Finalisation des situations administratives des agents publics.

– Paiement des arriérés : Règlement des rappels de solde* et des *vacations* , particulièrement attendus par les partenaires sociaux du secteur Éducation.

– Logement et Infrastructures : Accélération des programmes de logements sociaux et développement de projets structurants tels que Libreville 2.

Rupture avec la Gouvernance de l’Ancien Régime

L’histoire récente nous rappelle les erreurs de gestion de l’ère Ali Bongo, marquée par des dépenses somptuaires et improductives ( *festivités onéreuses avec les brésiliennes, invitations de stars mondiales Lionel Messi à prix d’or, organisations de compétitions sportives comme la *CAN* sans retombées réelles pour les populations).

Aujourd’hui, l’obligation de *résultats* est absolue. Le surplus pétrolier ne doit plus être gaspillé dans des projets de prestige, mais être réinjecté dans l’économie réelle et le développement territorial (notamment via les Plans de Développement Locaux).

Conclusion

Le Gabon dispose d’une opportunité unique de transformer sa rente pétrolière en levier de développement humain. En orientant les excédents pétrolier vers la résolution des fractures sociales, les autorités de la Ve République peuvent transformer cette phase de profitabilité en un véritable pacte de stabilité et de prospérité partagée.

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