« Journée mondiale de l’eau : tenir la promesse de l’accès universel au Gabon » par Joachim Mbatchi Pambou

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’eau, instituée par la communauté internationale afin de sensibiliser à l’importance vitale de cette ressource et de promouvoir sa gestion durable, il m’apparaît essentiel de porter une réflexion exigeante sur un enjeu fondamental pour notre nation, le Gabon.

Moment de conscience collective et de responsabilité partagée, cette journée nous invite à mesurer, avec lucidité et gravité, la place centrale qu’occupe l’eau dans la vie de nos concitoyens, dans l’équilibre de nos territoires et dans les perspectives de développement durable de notre pays.

Notre nation a reçu en partage une richesse naturelle rare : une abondance remarquable en ressources hydriques.

Des fleuves majestueux aux rivières nourricières, en passant par des nappes phréatiques généreuses, le Gabon dispose d’un patrimoine aquatique d’une valeur inestimable.

Et pourtant, ce privilège naturel contraste encore, avec une acuité préoccupante, avec les difficultés bien réelles que rencontrent de nombreux compatriotes pour accéder, de manière régulière et sécurisée, à une eau potable de qualité.

Ce paradoxe, à la fois saisissant et inacceptable, nous oblige.

Il nous interpelle dans notre conscience collective et dans notre responsabilité d’acteurs publics.

Car dans un État moderne et ambitieux, l’accès à l’eau ne saurait relever ni de l’aléa, ni de l’inégalité.

Il doit être garanti, avec constance et équité, comme l’expression la plus élémentaire de la dignité humaine et de la justice sociale.

Dans le contexte gabonais, la question de l’eau ne se limite pas à une problématique d’infrastructures.

Elle relève de l’action concertée de tous les acteurs publics, qu’il s’agisse des responsables en poste dans l’administration, des décideurs politiques ou des autorités locales. Chacun a un rôle essentiel à jouer pour garantir un accès durable et équitable à cette ressource vitale.

Cela implique de consolider les acquis, de renforcer les dispositifs existants et de mobiliser tous les moyens nécessaires pour répondre avec efficacité et constance aux attentes légitimes des populations.

Cette responsabilité s’étend également à la préservation de notre environnement, notamment de nos forêts, véritables régulateurs du cycle de l’eau et piliers de notre équilibre écologique.

Dès lors, il devient impératif d’inscrire la gestion de l’eau au cœur de notre ambition nationale.

Cela suppose une mobilisation soutenue des investissements, une modernisation rigoureuse des réseaux de production et de distribution, une lutte déterminée contre les déperditions, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence.

Mais au-delà des moyens techniques, c’est une volonté politique forte, constante et assumée qui doit guider notre action.

Agir pour l’eau au Gabon, c’est faire le choix de la santé publique, en réduisant les risques sanitaires liés à l’insalubrité.

C’est affirmer notre engagement pour la dignité humaine, en mettant fin aux disparités d’accès.

C’est soutenir le développement économique, en garantissant aux activités productives une ressource essentielle.

C’est, enfin, préparer l’avenir, en protégeant durablement ce bien vital face aux pressions croissantes, y compris celles liées aux dérèglements climatiques.

En cette Journée mondiale de l’eau, prenons la pleine mesure de notre responsabilité collective et historique : transformer une abondance naturelle en un accès universel, effectif et durable pour chaque Gabonais.

Il appartient aux pouvoirs publics de faire de l’accès à l’eau potable une priorité nationale, en consolidant les acquis, en modernisant les infrastructures et en renforçant les mécanismes de gouvernance.

Parce qu’au Gabon, plus qu’ailleurs peut-être, l’eau ne doit pas seulement être une richesse : elle doit être une promesse tenue pour tous.

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