Institutions et développement : La CEMAC en débat

Ce que disent les travaux scientifiques sur la problématique : Les travaux de l’économie institutionnelle de Elinor Ostrom (1986) analysent le rôle des institutions dans la gestion des biens communs. Ils sont rejoints par les travaux de North (1990), puis Rodrik (2000 ; 2002) et par la suite Acemoglu, Johnson & Robinson (2001 ; 2005 ; 2012) qui mettent en avant le rôle des institutions pour la croissance économique et le développement d’un pays d’une région.

Les travaux empiriques récents de Acemoglu, Naidu, Restrepo & Robinson (2019), Rodrik (2022) sur les institutions et le développement aboutissent toujours à une Idée centrale commune. La majorité de ces auteurs défendent la thèse selon laquelle les institutions déterminent les incitations économiques la qualité de la gouvernance et donc le niveau de développement.
On peut donc s’interroger sur la nature des institutions et les régimes politiques de la CEMAC qui n’arrivent pas à créer une dynamique après 32 ans d’intégration monétaire… qu’est ce qui n’a pas marché ?

Le modèle institutionnel de la CEMAC en question

La qualité des institutions de la CEMAC est questionable. Quatre(04) régimes politiques sur six(06) sont ou seront presque cinquantenaires d’ici-là. Ce sont des régimes politiques statiques et non dynamiques, il ne faut pas s’attendre à des modèles économiques dynamiques. On perpétue des modèles économiques statiques et on veut le développement. Le FMI et la Banque mondiale sont également complices en faisant un lit incestueux avec ces régimes politiques. La CEMAC a besoin des nouveaux régimes politiques et non des régimes politiques nouveaux. Il faut bien faire la différence entre les deux. Ce qui se construit dans la CEMAC depuis des années, ce sont des régimes politiques qui se perpétuent. On le voit si bien avec la trajectoire que prennent le SENAT et l’assemblée nationale du Cameroun. Nous sommes dans ce cas de figure à un régime politique nouveau. La conséquence ce sont les modèles économiques nouveaux voire statiques au détriment des nouveaux modèles économiques voire dynamiques. C’est la conséquence d’une économie de la CEMAC non productive.

D’où vient le problème de la CEMAC ?

L’économie c’est deux variables : la production et la consommation. Tant que les institutions cinquantenaires de la CEMAC, feront le choix de l’endettement non productif vis à vis des institutions de Bretton Woods qui sont devenues leurs conseillers économiques à vie, il n’y aura pas de nouveau paradigme de développement. Le message qui nous vient de l’AES nous parle. Personne ne viendra aider la CEMAC à produire, pas le FMI et la Banque mondiale, ils n’en n’ont que foutre. La preuve, leur logiciel ce sont les équilibres macro-économiques… Sur quelle base? On équilibre ce qui n’existe pas ? La production nationale est un agrégat macro-économique, la consommation nationale est un agrégat macro-économique. Voilà les deux variables les plus importantes d’une économie, car d’elles dépendent l’endettement, l’inflation, le déficit budgétaire, la croissance économique…mais le FMI se fiche pas mal de ces deux variables et vous conduisent à des négociations des programmes économiques qui n’ont aucun effet depuis 40 ans sur la production et la consommation. Conséquence, problème récurent des réserves de change dans la CEMAC. À qui la faute ?

Il faut sauver le soldat CEMAC

Ça paraîtra amusant, mais une seule recommandation, comprendre le message qui nous vient de l’AES.

ONGUENE ATEBA
-PDG du Think tank FOA
-Economiste et Logisticien des Transports
-Expert en Politique et Négociations Commerciales Multilatérales

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