Libreville face au défi des déchets : Vers un partenariat structurant avec un groupe international

La gestion des déchets, longtemps pointée comme l’un des talons d’Achille de la capitale gabonaise, pourrait connaître un tournant décisif. Ce lundi 30 mars 2026, le maire de Libreville, Pierre Mathieu Obame Etoughé, a reçu une délégation de Jospong International Business, conduite par Bernard Vandyck Tandoh, pour discuter d’un projet de modernisation du système de collecte et de traitement des déchets.

Une capitale confrontée à une pression croissante

Avec une population estimée à plus de 800 000 habitants, Libreville produit chaque jour entre 700 et 1 000 tonnes de déchets ménagers, selon plusieurs estimations du secteur urbain en Afrique centrale.

Un volume en constante augmentation, lié à la croissance démographique et à l’urbanisation accélérée.

Pourtant, la capacité de collecte reste insuffisante.

Dans certaines zones, moins de 60 % des déchets seraient effectivement collectés, laissant apparaître des dépôts sauvages et une saturation progressive des décharges existantes.

Des infrastructures sous pression

Le principal site de stockage des déchets de la capitale fait face à des limites structurelles :

-manque d’équipements modernes ;

-absence de tri systématique ;

-faible valorisation des déchets recyclables.

Résultat : une gestion essentiellement basée sur l’enfouissement, avec des impacts environnementaux notables, notamment en termes de pollution des sols et des eaux.

Un partenariat pour changer d’échelle

Face à cette situation, la mairie de Libreville envisage une réponse structurée, reposant sur un partenariat avec des acteurs spécialisés.

Le projet en discussion associe :

-la municipalité ;

-l’entreprise Clean Africa ;

-et le groupe Jospong International Business, déjà présent dans plusieurs pays africains.

L’ambition affichée est de mettre en place une chaîne complète de gestion des déchets, incluant :

-collecte optimisée ;

-centres de tri ;

-unités de recyclage ;

-valorisation énergétique éventuelle.

Un modèle inspiré d’expériences africaines

Dans certains pays où le groupe Jospong opère, notamment en Afrique de l’Ouest, des systèmes intégrés ont permis d’atteindre des taux de collecte supérieurs à 80 %, tout en développant des filières de recyclage.

L’enjeu pour Libreville serait donc de s’inspirer de ces modèles pour combler son retard structurel.

Un potentiel de création d’emplois significatif

Au-delà de l’aspect environnemental, le projet pourrait générer des retombées économiques importantes.

Selon des projections observées dans des projets similaires :

-plusieurs centaines d’emplois directs pourraient être créés dans la collecte et le traitement ;

-des milliers d’emplois indirects pourraient émerger dans les filières de recyclage et de valorisation.

À titre comparatif, dans certaines capitales africaines, le secteur des déchets représente jusqu’à 1 % du PIB urbain, lorsqu’il est structuré.

Un chantier dépendant de l’État

Malgré les perspectives, la réussite du projet repose sur plusieurs conditions :

-la mobilisation de financements importants ;

-la formalisation d’un cadre de partenariat public-privé ;

-l’implication de l’État dans la régulation et le suivi.

La modernisation des décharges et la mise en place d’infrastructures industrielles nécessitent des investissements estimés à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Entre ambition et défi de mise en œuvre

Si cette rencontre marque une avancée, elle ne constitue qu’une première étape.Le passage de l’intention à l’action reste le principal défi.

Car au Gabon, plusieurs initiatives passées dans le secteur des déchets ont souffert :

-de retards d’exécution ;

-de difficultés de financement ;

-ou d’un manque de suivi opérationnel.

Une urgence devenue stratégique

Dans un contexte où les enjeux environnementaux deviennent prioritaires, Libreville n’a plus réellement le choix.L’amélioration de la gestion des déchets est désormais une question de santé publique, d’image urbaine et de développement économique.

Le projet porté par la mairie pourrait ainsi marquer le début d’une transformation durable — à condition que les engagements annoncés se traduisent en résultats concrets.

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