Sénégal : Sonko « recase » tous les ministres démis par Diomaye

Remaniement surprise à l’Assemblée : le Premier ministre renforce son équipe, l’opposition crie au « recyclage »


Coup de théâtre politique. 48h après la démission en cascade de plusieurs ministres au sein du gouvernement, Ousmane Sonko a procédé à un vaste « recasement ». Tous les ministres limogés ou ayant démissionné à la demande du Président Bassirou Diomaye Faye retrouvent un poste. Mais pas dans l’Exécutif.

Ils débarquent à l’Assemblée nationale.

LE PLAN SONKO : GARDER LES FIDÈLES DANS LE JEU

L’annonce a été faite jeudi soir lors du Conseil des ministres. Officiellement, il s’agit d’un « redéploiement pour mieux servir le Projet ».

Dans les faits, tous les ministres écartés du gouvernement Diomaye II se retrouvent propulsés à des postes stratégiques au sein du groupe parlementaire PASTEF à l’Assemblée.

D’anciens poids lourds des ministères clés héritent de présidences de commissions, de coordinations de cellules techniques et de missions spéciales de contrôle de l’action gouvernementale.

Pour le camp présidentiel, le message est clair : « On ne lâche personne. On repositionne. »

« Le Président Diomaye et le Premier ministre Sonko ont besoin de cadres expérimentés. L’Assemblée est le cœur du combat législatif. C’est là que se joue la mise en œuvre du Projet », explique un cadre de PASTEF sous anonymat.

DE LA PRIMATURE AU PERCHOIR : LA NOUVELLE CARTE

Voici les principaux « recasés » :

– Ancien ministre de l’Économie → Président de la Commission des Finances à l’Assemblée
– Ancienne ministre de la Santé → Coordonnatrice de la Cellule de veille sanitaire du groupe parlementaire
– Ancien ministre de l’Énergie → Rapporteur général de la Commission Développement et Industries

L’objectif affiché : mettre l’expérience gouvernementale au service du contrôle parlementaire et accélérer le vote des lois du « Projet ».

L’OPPOSITION DÉNONCE UN « GOVERNEMENT BIS » À L’ASSEMBLÉE

La pilule ne passe pas chez les opposants. Pour eux, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un recyclage.

« C’est du jamais vu. On vire des ministres pour incompétence le lundi, et on les nomme chefs le mercredi. C’est un aveu d’échec et un manque de respect pour les Sénégalais », a réagi un député de Yewwi Askan Wi.

Le PDS parle de « gouvernement bis caché dans l’hémicycle ». Rewmi dénonce une « prime à la médiocrité ».

QUEL IMPACT POUR L’ASSEMBLÉE ET LE PROJET ?

Avec cette manœuvre, Sonko s’offre 2 avantages :

1. Loyauté garantie : Il place à des postes d’influence des hommes et femmes qui lui doivent leur survie politique.
2. Expertise technique : L’Assemblée gagne en compétence pour décortiquer les projets de loi, budgets et accords que le gouvernement va déposer.

Mais le risque est grand : confusion des rôles. Comment contrôler efficacement un gouvernement dont on vient de faire partie ?

UNE ASSEMBLÉE SOUS HAUTE TENSION

Ce « recasement massif » rebat les cartes à l’Assemblée nationale. Le groupe PASTEF sort renforcé, encadré par d’anciens ministres qui connaissent les dossiers par cœur.

Reste à savoir si les Sénégalais y verront une optimisation des compétences… ou une opération de sauvetage politique.

Une chose est sûre : la rentrée parlementaire s’annonce électrique. Entre un pouvoir qui veut aller vite et une opposition qui crie au déni démocratique, l’hémicycle risque de devenir le nouveau champ de bataille du régime Diomaye-Sonko.

Dimitri AGBOZOH-GUIDIH




Laisser un commentaire