Comme si, sous les tropiques, la politique fonctionnait à l’envers de ce qui est enseigné, on ne remercie pas le service rendu, on félicite plutôt celui qui en a facilité l’accès. Tout se passe comme si le pouvoir était un butin à partager et pas un devoir à accomplir.
Le mandat électif est perçu comme une faveur, du coup l’électeur attend en retour une récompense, et non exiger des comptes. Dans l’intervalle, l’élu dans une générosité intéressée distribue et ne rend pas service.
On magnifie la loyauté avant la compétence. On félicite « le fils du pays, l’enfant du village » qui a placé les siens, même si le résultat est moyen. Sous les tropiques la politique est très visible. Elle se traduit par des inaugurations, des dons. On félicite la mise en scène, mais pas le travail de fond qui ne se voit pas de prime abord.
Du coup on a des dirigeants qu’on acclame pour avoir fait le minimum, et des citoyens qui réclament au lieu d’exiger. Personne ne dit merci parce que personne ne veut reconnaître une dette morale. On préfère la liesse.
On a tendance à remercier celui qui est investi de la puissance publique pour apporter l’eau et l’électricité, pour avoir respecté son engagement, honorer son contrat.
Au lieu de féliciter, ce comportement citoyen, et encourager le pragmatisme, on s’aplatit en assisté pour jouir d’un droit constitutionnel.
Un peuple qui assimile tout comme un cadeau, fait le choix de renoncer à ses droits. Dans ce cas, il ne mérite pas que l’on s’appitoie pas sur son sort.
Hermann Ditsoga, partisan de la norme

