C’est désormais connu, le réseau des agents impliqués dans le trafic des documents au sein du centre national d’édition et de délivrance de documents de transports (CNEDDT), est en lutte contre le parquet de Libreville sous la tutelle du procureur Raponnat, qui avait instruit la DGR pour mener les enquêtes autour de la production de fausses cartes grises et des malversations financières au CNEDDT.
Il se trouve que depuis des semaines les preuves accablantes contre les responsables du CNEDDT ont été accumulées par les fin limiers de la DGR et qu’il ne reste plus qu’à procéder au déferlement de tout ce beau monde. C’est là justement que les choses coincent, car la DGR aux dire de certaines informations subirait des pressions pour empêcher cette procédure d’aboutir sur la table du procureur Raponnat.
Comment comprendre que cette justice qui a expédié vite fait la procédure du Maire Léandre Nzue et de l’ancien directeur général de la Marine marchande Martin Ndong devant le parquet soit curieusement faible devant cette affaire qui a fait tant de bruit dans la presse. Comment peut-on concevoir qu’après un travail aussi laborieux fait par les hommes du Colonel Norbert Madjoupa la procédure soit toujours entre les quatre murs de la DGR, au lieu d’être déjà entendu par le procureur et ses collaborateurs ?
Tout cela conduit à penser que le réseau des mafieux qui dirige le CNEDDT et ses alliés est plus fort que la justice Gabonaise. Il faut craindre que cette affaire ne démontre les limites de la justice face à certains dossiers de corruptions. Au moment où le Gabon a engagé une véritable guérilla contre le détournement des deniers publics, il est inadmissible d’assister à une telle déroute de la justice devant une affaire dont les preuves de détournement et de manipulations des données à caractère personnels ont été clairement constituées.
Selon certaines sources proches du dossier, les pressions subies par la DGR, sont menées à plusieurs niveaux. Certains parlent du Parti démocratique Gabonais, qui verraient mal un des leurs écoper d’un mandat dépôt. D’autres parlent du Ministre de la lutte contre l’enrichissement illicite Francis Nkéa qui aurait dû mal à accepter que son poulain soit humilié. Quoi qu’il en soit, le constat de l’impuissance de la justice ce précise dans cette affaire qui pourrait bien devenir un bourbier, car les organisations syndicales qui n’ont cessé de dénoncer les dérives l’administration des transports depuis des mois n’entendent certainement pas se laisser faire.
Le Procureur de la république, ce laissera-t-il imposer la loi par le réseau mafieux et ses complices qui dirigent depuis trois ans le CNEDDT. La leçon de justice ou d’injustice qui pourrait naître de cette affaire très publique pourrait affaiblir ou renforcer l’action de la justice face aux délinquants financiers qui gangrènent l’administration gabonaise.

