Après le parlement, le projet de constitution vient d’être transmis au Président de la Transition pour son dernier examen par le gouvernement et le CTRI aux fins de la rédaction de la mouture finale à soumettre à la sanction du souverain primaire.
A en juger par l’importance du nombre d’amendements (801), le projet de constitution fait toujours couler tant d’encre que de salive.
C’est parce qu’il s’agit du bréviaire appelé à régir la vie de notre nation qu’il déchaîne tant de passion.
C’est parce que ce projet de constitution comporte beaucoup de zones d’ombres et introduit des dispositions nouvelles, qu’il s’avère impérieux pour le gouvernement et le CTRI d’éclairer l’opinion.
Un exposé sur les enjeux, le bien-fondé des innovations apportés, le maintien de certaines dispositions et le retrait de bien d’autres doivent faire l’objet d’une pédagogie mesurée. Un langage musclé serait contreproductif dans cet environnement écartelé entre le PDG modéré et les pedegistes extrémistes.
Au titre de ces zones d’ombres on peut citer, le regroupement des partis politiques en blocs idéologiques.
En effet au titre de l’article 46, les partis politiques sont regroupés en blocs idéologiques.
Une idéologie est un système prédéfini d’idées.
C’est aussi un système d’opinions qui, en se fondant sur un système de valeurs admis, détermine les attitudes et les comportements des hommes à l’égard des objectifs souhaités du développement de la société, du groupe social ou de l’individu.
Comme on peut aisément le constater, la notion d’idéologie politique est à la fois simple pour l’élite et complexe pour la masse qui comprend l’essentiel des militants de tout parti politique.
C’est tellement ambivalent que même le PDG le plus ancien parti politique au Gabon n’en a pas fait une mention spéciale, au point où son idéologie n’est connue que par certains hiérarchiques du parti. Demander à un militant de base l’idéologie du parti équivaudrait à lui demander de disséquer le sexe des anges.
Qu’à cela ne tienne, le PDG de par sa longévité au pouvoir à revêtu toutes les idéologiques possibles au gré des circonstances.
Communiste avec les Partis Communistes à l’image du PC Chinois sous Mao Tsé Toung et tous les autres Pdts qui ont suivi à la tête de l’État.
Socialiste avec les Partis Socialistes comme ce fut le cas avec le PS de François Mitterrand en France.
Capitaliste avec les capitalistes, Démocrate avec les Démocrates etc.
La complexité de la notion est telle que sous le Pdt Omar Bongo Ondimba, le PDG c’était ni à gauche, ni à droite mais toujours de l’avant, tout et rien du tout à la fois.
Même pour France qui a une vieille tradition politique, la question du regroupement des partis politiques par blocs idéologiques n’a pas été réglée par la loi fondamentale. Ces regroupements ont toujours été faits par opportunisme, ce qui fait que les initiales de regroupement sont moins rigides et plus souples.
Aujourd’hui en France on distingue deux blocs idéologiques, le bloc de gauche et celui de droite.Le bloc de droite a pour valeurs, liberté, libéralisme économique qui exclut l’intervention de l’État dans l’économie etc,
Le bloc de gauche qui a pour valeurs traditionnelles, égalité, progressisme, insoumission, fraternité, tolérance, solidarité, justice sociale travail et liberté réelle.
Une fois de plus nous pouvons en convenir, l’idéologie est une notion complexe même pour les élites et dans les pays qui ont commencé avec la pratique politique.
Aujourd’hui enfermer les partis politiques dans des questions idéologiques répond à quel impératif ?
À Moraliser l’exercice politique ?
A diminuer le nombre de partis politiques ?
Ou un simple caprice d’enfants gâtés, à chacun son opinion.
Pour ma part, le regroupement des partis en blocs idéologiques me paraît inopportun car la notion d’idéologie politique n’est pas encore bien comprise encore moins enseignée.
Les acteurs politiques ont pour l’essentiel toujours été guidés soit, par l’instinct de survie, soit par instinct grégaire, les enfermer dans des schémas rigides risquerait d’être contreproductif.
Par ailleurs, si cette mesure devrait être adoptée en l’état, il faudra réfléchir à la vulgarisation et à l’explication de notion d’idéologie politique, à la promotion des idéologies politiques jugées en phase avec les ambitions de développement du pays afin de permettre aux futurs fondateurs des partis de se déterminer en toute connaissance de cause.
Hermann DITSOGA.

