« A Quoi va servir un débat télévisé avec Bilie By Nzé, dès lors que le projet de nouvelle Constitution est déjà sur la place publique ? » Par Norbert Epandja

Le projet de nouvelle Constitution étant sur la place publique depuis le mardi 22 octobre 2024, je croyais que les débats, les supputations et les procès d’intention avaient cédé la place à la lecture et au vote de celui-ci par OUI ou par NON, le 16 novembre 2024 !

A quoi va servir alors un débat télévisé entre BILIE BY NZE et OLIGUI NGUEMA, RAYMOND NDONG SIMA ou ALEXANDRE BARRO CHAMBRIER ? La Constitution est-elle l’affaire de ces trois personnalités-là, qui ont un pays à gouverner ?

Jusqu’ici, j’avais encore un grain de respect et de considération pour BILIE BY NZE à cause des fonctions qu’il a occupées. Mais la maladresse politique infantile qu’il vient de commettre en invitant le Président de la Transition, le Premier Ministre ou le Vice-premier ministre à un débat télévisé sur ce projet de nouvelle Constitution m’amène à me demander si le perroquet des Bongo a encore toute sa tête !

M. BILIE BY NZE semble avoir trop confiance en ses pseudo-talents de grand débatteur qu’on lui prête, au point de se laisser nourrir de l’illusion que lorsqu’il serait face à l’une des trois personnalités citées plus haut, il la pulvériserait. Que M. BILIE BY NZE me dise combien de débats télévisés a-t-il eus avec des gabonais ou des gabonaises lorsqu’il était premier ministre !

Faut-il rappeler à cet homme, qui prend les gabonais pour des indigènes incapables de lire une Constitution et voter en toute connaissance de cause, que lorsqu’il était aux affaires, la Constitution a été modifiée plusieurs fois. Parmi ces modification celle de 2018 qui a introduit la notion d’« indisponibilité temporaire » qui lui a permis de continuer à jouir des délices du pouvoir. Puis celle de 2023, année électorale, qui a déclenché le coup de libération du 30 août. Combien de débats télévisés a-t-il eus avec des gabonais pour leur expliquer tout cela ?

Qu’il me soit permis de vous partager l’extrait de l’article qui suit, publié par le journal en ligne « AA » à propos de la dernière révision constitutionnelle.

« La révision de la Constitution gabonaise a été adoptée, jeudi 6 avril, avec 178 voix pour, 8 voix contre, et 12 abstentions, soit un taux de 86%. Elle a été adoptée par le Parlement réuni en Congrès sur convocation du président de la République, Ali Bongo, représenté lors des travaux par le Premier ministre, Alain-Claude BILIE-BY-NZE.

Cette nouvelle Constitution après celle de 2018, sera la huitième depuis la fin du monopartisme au Gabon en 1991. Ce sont les articles 4, 9, 10, 11, 15 et 111 qui ont été modifiés et adoptés ce 6 avril… Au final, cette révision consacre, entre autres, le principe de l’alignement de tous les mandats politiques et l’harmonisation de leur durée à cinq ans (mandats du Président de la République, des sénateurs, des députés et des élus locaux), la non-limitation de tous les mandats politiques, l’adoption du scrutin à un tour pour toutes les élections politiques ; le passage de 18 ans à 30 ans de âge d’éligibilité pour le Président de la République, le passage de 40 ans a 35 ans de l’âge d’éligibilité pour les sénateurs et le passage du délai d’enrôlement de 45 à 30 jours…

La nouvelle Constitution fait suite à la concertation qui avait rassemblé les parties politiques de la majorité et de l’opposition du 13 au 23 février 2023, pour une réforme du système électoral et pour des lendemains électoraux apaisés ».

Voici ce qu’avait déclaré BILIE BY NZE à la sortie dudit Congrès :

« Il s’agit là de mesures importantes dont la mise en œuvre conduirait indubitablement à des élections moins contestées et aux lendemains électoraux plus apaisés »…Fin de citation.

La suite, tout le monde la connait : une parodie d’élection présidentielle et une victoire volée, qui allaient plonger le Gabon dans les ténèbres, si les Forces de Défense et de Sécurité n’avaient pas intervenu.

Norbert EPANDJA, Partisan du OUI au Référendum

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