« Analyse de l’économie de production au regard des files d’attente pour le Kg de riz au boulevard du 20 mai » par Dr ONGUENE ATEBA

1-Les fondamentaux Micro-économiques galvodés.

Nous assistons depuis quelques jours à des files d’attente au boulevard du 20 mai pour la vente du riz à un prix le Kg compétitif et imbattable. Cette idée nous semble profonde pour ne pas l’analyser du point de vue des fondamentaux Micro-économiques. Tout est dans la théorie économique. Les fondements théoriques d’une économie réelle c’est la production et la consommation. Si vous ne produisez pas, vous consommez cher. Lorsque le pouvoir d’achat du Kg de riz est loin du citoyen moyen, il est difficile de consommer. Jean Baptiste Say dira au 19ème siècle que l’offre créé sa propre demande. Le fait que l’on ait crée un marché de 300f/kg au boulevard du 20 mai démontre que les camerounais sont prêts à payer à ce prix. La longueur des files d’attente démontre en économie qu’il y ‘a une demande qui est prête à l’offre existante. Si cet échantillon des files d’attente de ces jours est moins significatif, imaginons une extension à toute la ville de Yaoundé et à toutes les villes du Cameroun.

À l’observation empirique simple, la production du Cameroun est faible, que dire inexistante la production du riz si on s’en tient à l’étiquette de ces sacs de riz au regard de l’origine.

2-La face cachée de l’autosuffisance alimentaire ou insuffisance alimentaire ?*

Lorsque vous avez une ville de Yaoundé qui a environ 4 millions d’habitants, ça suppose qu’il y’a en moyenne 01 million de ménages qui pourraient potentiellement consommer 01kg de riz à raison de 300f/kg par jour. Soit 01 million de kg de riz à consommer par jour au minimum, vous avez un marché potentiel d’un demi milliard de FCFA de consommation par jour dans la ville de Yaoundé. Que se passe t-il ? Où sont les producteurs ? Où sont les subventions à la production ? Le modèle actuel de la subvention à la commercialisation est obsolète. Importer et subventionner versus subventionner la production pour être autosuffisant et exporter le déficit de production. Au regard des données sur la population potentielle de la ville de Yaoundé, il est évident que cette consommation journalière créé un pôle de milliardaires ailleurs. Puisque la problématique de la réserve de change se pose ces dernières années, voilà un problème micro-économique qui crée un problème macro-économique.

Tant que nous ne sommes pas autosuffisants alimentairement, on aura toujours les problèmes macro-économiques (inflation, chômage, croissance économique, PIB, solde commercial, balance de paiement….).

3-La refondation du destin agricole du Cameroun

Le destin agricole du Cameroun nous donne des signaux. En voilà un. Si nous produisons du riz, Yaoundé seule en consommerait au moins 01 million de kg/jour. L’étude de marché se déduit de la file d’attente du boulevard du 20 mai et la demande potentielle nationale/ jour se déduit par parallélisme de forme. Il faut réorienter à mon sens la ligne du budget à la commercialisation (subvention à l’importation) pour les subventions à la production afin de créer des champions céréaliers du Cameroun. Le riz n’est pas la seule alternative. Il y’a des tubercules qui méritent également ce programme de subvention à la production (macabo, manioc, patate, plantain, igname…) pour arriver à la petite transformation que je considère comme agriculture d’opportunités pour la simple nutrition de base.

C’est bien plus simple ainsi. Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme court le risque d’être empoisonné par le pays qui produit si ce pays veut l’empoisonner. C’est ce que j’appelle la Maxime du pays paresseux. Tout est dans le travail. Que l’État reste dans un modèle interventionniste de faire travailler les siens.

Dr ONGUENE ATEBA, Économiste et Logisticien des transports

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