De négociation en négociation, la grève de l’éducation nationale semble s’enliser, et laisse planer le spectre d’une année blanche préjudiciable pour les apprenants et les parents d’élèves, spectateurs impuissants d’une guerre de tranchées qui tarde à trouver son épilogue.
Droit syndical oui, mais responsabilité parentale d’abord car avant d’être syndiqués de l’éducation nationale, beaucoup d’enseignants sont d’abord parents d’élèves.
Dans ce cas, comment mener une revendication syndicale, sans envisager une suspension au vu des efforts consentis par le gouvernement, principal employeur des enseignants.
Comment imaginer la satisfaction totale de toutes les revendications sociales, d’une situation qui perdure depuis plus de 5 ans, sans crainte du dépassement des limites financières de l’État qui a également d’autres obligations à satisfaire.
Afin de limiter la casse qui menace l’avenir de plusieurs apprenants, dont des enfants des plus démunis, les enseignants qui luttent pour l’amélioration de la condition de leur corporation, ont l’impérieux devoir de mettre en face de leur droit de syndiqués, le poids de leur responsabilité de parents d’élèves.
Le durcissement du mouvement de grève n’aura d’autres perdants que les élèves et leurs parents et non le gouvernement et ses membres dont beaucoup d’enfants sont scolarisés hors du territoire national.
Ignorer les efforts déjà consentis dans le chapelet de revendications, serait faire injure aux bénéficiaires dont les bénévoles qui ont été mis en solde pour compter du 25 février prochain.
Dans toutes les négociations il devra toujours avoir, une position de négociation et une position de conciliation qui permet de prendre en compte la bonne foi des protagonistes opposés.
Face à une situation économique des plus fragiles, les enseignants syndiqués en citoyens responsables et parents d’élèves, devraient privilégier l’intérêt des élèves et de la nation, en leur double qualité de parents d’élèves et de responsables de l’éducation de l’élite du pays.
Le maintien de la grève n’est pas un véritable baromètre de l’engagement pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, mais plutôt le signe d’une grève asymétrique qui masquerait d’autres desseins inavoués.
L’entrée est grève est l’expression d’une négociation ayant échoué, mais dès lors que les fils du dialogue ne sont pas rompus, la partie lésée dont le personnel enseignant qui fait partie des lumières du pays, devra intégrer la dimension sociale de leurs revendications pour éviter de trop tendre la corde qui est déjà très raide et multidirectionnelle.
C’est un impératif républicain auquel devrait s’astreindre tout nationalisme dont la responsabilité est ici convoquée.
Toutes les contributions pour la recherche d’une issue favorable à ce conflit devront être mesurées à leur juste valeur et ne pas être considérée comme des leçons de morale administrées aux enseignants qui se considèrent ici comme des précarisés.
Savoir un mouvement de grève n’est pas un signe de faiblesse, mais la preuve d’une responsabilité mesurée qui aide à servir la cause d’un Etat un peu plus égalitaire.

