Libreville : Un colloque international met la bande dessinée africaine au centre des enjeux culturels et sociaux

La capitale gabonaise s’apprête à accueillir, les 22 et 23 avril 2026 à l’Institut Français du Gabon, un important colloque international pluridisciplinaire consacré à la bande dessinée africaine, autour du thème : « La bande dessinée africaine. Écosystème, usages sociaux et perspectives ». Chercheurs, artistes, universitaires et professionnels du 9ᵉ art venus de plusieurs pays africains et d’ailleurs sont attendus pour deux jours d’échanges scientifiques et culturels.

Organisé avec l’appui du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST) et de ses partenaires, notamment l’Institut français du Gabon, ce rendez-vous ambitionne de faire de la bande dessinée un objet d’étude à part entière, au croisement de la culture, de l’histoire, de l’éducation et des dynamiques sociales africaines.

Une ouverture placée sous le signe de la réflexion académique

La cérémonie d’ouverture, prévue le mercredi 22 avril, réunira les plus hautes autorités académiques et gouvernementales. Elle sera suivie d’une leçon inaugurale du Dr Ludovic Obiang, chercheur à l’IRSH-CENAREST, qui interrogera la nécessité de repenser la bande dessinée en Afrique comme un outil intellectuel, artistique et social incontournable.

Dans la foulée, une visite d’exposition et un cocktail permettront aux participants de découvrir la richesse de la création graphique africaine contemporaine.

Une discipline en construction au cœur des débats scientifiques

Le programme scientifique s’articule autour de plusieurs sessions thématiques qui mettent en lumière la diversité des approches de la bande dessinée africaine.

La première session s’intéressera aux fondements théoriques et aux structures narratives du médium. Les chercheurs y analyseront la place de la BD gabonaise, ses influences extérieures, ainsi que les tentatives de structuration d’un véritable écosystème créatif local.

La deuxième session abordera les questions de patrimoine, d’identité et de mémoire. Les communications porteront notamment sur les récits historiques, les traditions orales africaines et les représentations culturelles à travers la bande dessinée, considérée comme un vecteur de transmission intergénérationnelle.

La bande dessinée face aux réalités sociales contemporaines

Les échanges mettront également en lumière les usages sociaux du 9ᵉ art. Satire politique, représentations du quotidien, enjeux de santé publique, addictions numériques ou encore questions environnementales : autant de thématiques abordées par les chercheurs pour démontrer la capacité de la bande dessinée à refléter les réalités africaines contemporaines.

Un outil pédagogique et de transmission des savoirs

La deuxième journée du colloque sera largement consacrée aux usages didactiques de la bande dessinée. Les intervenants exploreront son rôle dans l’apprentissage des langues, la transmission des cultures locales, l’éducation au développement durable ou encore la sensibilisation aux grandes causes sociales telles que le VIH/SIDA ou la protection de la biodiversité.

Politique, religion et liberté d’expression au cœur des débats

Le colloque abordera également les dimensions politiques et religieuses du 9ᵉ art. Les chercheurs analyseront la satire politique, la mémoire postcoloniale et les représentations du pouvoir dans les bandes dessinées africaines. Une table ronde réunira enfin des professionnels pour discuter des métiers, des défis économiques et des perspectives de développement du secteur.

Une clôture tournée vers l’avenir de la BD africaine

Prévu en fin de journée le 23 avril, le colloque se conclura par une cérémonie officielle et un cocktail de clôture. Au-delà des communications scientifiques, cette rencontre se veut un espace de réflexion stratégique sur l’avenir de la bande dessinée africaine et la structuration de son écosystème.

À travers ce rendez-vous, les organisateurs entendent affirmer la place croissante de la bande dessinée comme objet de recherche, mais aussi comme outil puissant de narration, d’éducation et de transformation sociale sur le continent africain.

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